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Qu’ils s’agissent de l’Amérique du Sud ou de l’Asie,
le style de paysages rencontrés à plus de 3000 mètres (végétation, larges
sentiers) font oublier l’altitude et le manque d’oxygène, la nécessité de
marcher plus lentement et de prendre des journée de repos.
La phase
d’acclimatation commence dès 2500 à 3000 mètres ; pendant cette phase,
une journée de repos n’est pas nécessairement due à une grande fatigue mais
permet au corps de s’habituer progressivement à l’altitude. Elle peut être
ressentie comme une perte de temps et pourtant…
On peut considérer qu’une première journée de repos est nécessaire entre
3500 et 4200 mètres, une seconde entre 4700 et 5100 mètres. Ceci n’est
qu’une indication qu’il faut adapter au profil du terrain et de l’expédition.
Chaque organisme s’acclimatant plus ou moins rapidement, une journée de repos
ne sera pas forcément nécessaire à tous les membres d’une même expédition
en même temps. Néanmoins, mieux vaut aller plus doucement que trop vite !
C’est une phase pendant laquelle le corps est « fragile » ;
il n’est pas rare de voir apparaître de petits maux (nez qui coule, mal à la
gorge, diarrhée…) qui sont dus, la plupart du temps, à l’altitude et
qu’il n’est pas nécessaire de vouloir traiter absolument avec des médicaments…
La
période d’ascension
Les
sommets principalement neigeux
Là encore, il
n’y a pas de règle absolue ; nous évoquons ici un profil d’ascension
correspondant à une majorité, sur des sommets possédant au moins 2000 mètres
de dénivelée entre le camp de base et le sommet.
Dans le cadre d’une ascension en technique Himalayenne (camps fixes sur des
sommets de haute altitude), le cycle repos, portage au camp supérieur / nuit au
camp inférieur, montée et nuit au camp supérieur semble convenir à une
grande majorité.
Une journée de repos peut être intercalée dans ce cycle en cas de journée
difficile, mauvaise acclimatation, mauvaise conditions…
Il est évident que certaines phases peuvent être raccourcies et adaptées au
niveau physique des participants, notamment dans la phase d’ascension finale
après acclimatation.
L’écart
entre les camps dépend bien évidemment du profil du terrain et de
l’altitude. Il semble qu’en altitude (>5000 mètres), 600 mètres de dénivelée
entre 2 camps soient raisonnablement envisageables. La dénivellation entre le
dernier camp et le sommet peut varier entre 600 et 1000 mètres (long).
Il peut être
judicieux de placer un camp de base avancer entre le camp de base et le camp 1.
Il sera utilisé au début de l’ascension pour prolonger la phase
d’acclimatation puis sera supprimé (ou réduit) ensuite.
Sur les
sommets de très haute altitude (> 7500 mètres), il peut être intéressant
d’intercaler une période de repos de plusieurs jours au camp de base entre la
phase d’installation des camps d’altitude et la phase de tentative du
sommet.
Dans le cas
d’une équipe importante (> 10 personnes), il peut être également intéressant
de scinder le groupe en deux équipes lors de la phase de tentative du sommet.
Cela permet de limiter le matériel transporté en altitude (tentes, réchauds)
et éventuellement d’échanger une partie du matériel (duvets, matelas) entre
les deux derniers camps.
La pose de
cordes fixes pour équiper une partie de la montagne peu représenter un nombre
de jours importants pour peu de dénivelée. Le partage de ces phases d’équipement
entre différentes expéditions peut-être un bon choix mais s’avère
quelquefois difficile à gérer.
Profil
d’ascension de l’Ama Dablam, 6856 mètres
Une marche d’approche qui permet
une très bonne acclimatation ; des camps d’altitude avec peu de dénivelée
entre eux (le camp 2 est parfois supprimé).
Approche :
J1, 2600 ; J2, 3440 ; J3, 3810 ; J4, 4410 ; J5, 4410 ;
J6, 4910 ; J7, 5550-4410m ; J8, 4500 (CB)
Ascension :
J9, 4500 ; J10, 5100 (C1), nuit 4500 ; J11, 4500 ; J12, 4800
(CBA) ; J13, 5100 (C1) ; J14, 5500 (C2), nuit 5100 (C1) ; J15,
5100 (C1) ; J16, 5500 (C2) ; J17, 6300 (C3) ; J18, 6856 (sommet),
nuit 5500 (C2) ; J19, 4500 (CB)
Profil
d’ascension du Makalu II, 7678 mètres
Une bonne acclimatation due à une
longue marche d’approche souvent éprouvante pour la motivation.
Approche :
J1, 3500 ; J2, 3500 ; J3, 3600 (franchissement de col pendant les 3
premiers jours) ; J4, 4200 ; J5, 4800 ; J6, repos 4800 ; J7,
camp de base 5400,
Ascension :
J8, repos 5400 (CB) ; J9, portage 5800 (CBA), nuit 5400 (CB) ; J10,
nuit 5800 (CBA) ; J11, repos 5800 ; J12, portage 6200 (C1), nuit 5800 ;
J13, nuit 6200 (C1), J14, repos 6200 ; J15, portage 6800 (C2), nuit 6200 ;
J16, nuit 6800 (C2), J17, retour camp de base / équipement vers camp 3 et nuit
CB ; J18/19/20, repos camp de base ; J21, C1 6200 ; J22, C2 6800 ;
J23, C3 7400 ; J24 sommet et retour camp 2 (6800) ; J25, retour camp
de base.
Profil
d’ascension du Sisha Pangma, 8046 mètres
Une acclimatation difficile car
l’approche jusqu’au camp de base Chinois (4900m) se fait en voiture.
Approche : J1, 2800 ;
J2, 4000 (Nyalam) ; J3, 4000 (Nyalam) ; J4, 4000 (Nyalam) ; J5,
5500, nuit 4900 (CB chinois) ; J6, 4900 (CB chinois) ; J7, 4900 (CB
chinois) ; J8, 4900 (CB chinois) ; J9, 5200 ; J10, 5500 (CB).
Ascension :
J11, 5500 (CB) ; J12, 6000, nuit 5500 ; J13, 5500 ; J14, 6000 ;
J15, 6800, nuit 5500 ; J16, 5500 ; J17, 6000 ; J18, 6800 ;
J19, 7100 ; J20, 7700, nuit 5500 (CB) ; J21, 5500 ; J22, 5500 ;
J23, 5550 ; J24, 6000 ; J25, 7100 ; J26, 7100 ; J27, 8012-7100m ;
J28, 5500 ; J29, 5500 ; J30, 6000-5500.
Les
sommets rocheux
Il est
difficile de décrire un profil pour une ascension rocheuse car les contraintes
dues à la difficulté et à la possibilité de poser un camp en paroi dépendent
des sommets et du matériel emmené. La marche d’approche reste primordiale
pour commencer une bonne acclimatation.
Différentes
techniques d’ascension permettent aussi de parfaire cette acclimatation :
- faire
des allers et retours entre le camp de base et la face pour porter tout le matériel,
- s’acclimater
sur des petits sommet autour du camp de base (ce qui peut également permettre
d’avoir une vision plus globale de la face à gravir),
- poser
un camp au pied et commencer à équiper une partie de la face en fixant des
cordes. Puis tenter le sommet en technique plus légère,
- partir
en technique alpine sans retour au CB mais en faisant de petites étapes…
Après
l’ascension
Il est important dans le calcul de
la durée de l’expédition d’inclure des jours pour déséquiper et nettoyer
la montagne. Il est fréquent de voir des équipes tenter le sommet jusqu’au
dernier jour et invoquer la mauvaise météo ou le manque de temps pour
abandonner une partie du matériel en altitude (tentes, cordes , poubelles…).
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