Expédition

L'Équateur

Accès aux montagnes aisé, durées d’ascension de quelques jours maximum, cultures indiennes et racines latines, vêtements colorés, douceur de l’espagnol donnent une ambiance particulièrement agréable à un séjour en Équateur…

Ce petit pays aux multiples facettes est l’un des plus variés au monde : en quelques semaines, vous pourrez découvrir les déserts glacés de la haute altitude, l’atmosphère oppressante de la jungle en passant par la côte Pacifique et la faune fabuleuse des Galapagos. Tout un programme !

L’arrivée à Quito, située à 3000 mètres d’altitude, nécessite une période d’activité modérée avant d’aller à la rencontre des montagnes qui culminent à plus de 5000 mètres…

 


 

  
  

   Expédition Équateur

Un peu d’histoire

Les premières explorations des montagnes Équatoriennes datent du 18ième siècle.
A cette époque, il vient d’être établi que la terre est ronde mais son aplatissement sur les pôles est encore controversé.
Dans le but de résoudre cette énigme, l’Académie des Sciences française organise des expéditions en Arctique et en Équateur dont la capitale se trouve seulement à 25 kilomètres de ligne équatoriale.
Des expéditions menées par La Condamine (1736 – 1744) concluent, entre autres, que le Chimborazo est le sommet le plus haut de la terre, ce qui reste d’actualité jusque dans les années 1820 (le Chimborazo est quand même le sommet le plus éloigné du centre de la terre).
Il faut attendre 1872 pour que l’Allemand Reiss et le Colombien Escobar atteignent la cime d’un des plus hauts sommets du pays, le Cotopaxi (5897 m). 
A cette époque, l’altitude des 6000 mètres n’a pas encore été franchie (par les occidentaux car les Indiens des Andes sont allés plus hauts avant la conquête des Amériques) et nul ne sait si elle constitue une barrière infranchissable pour l’homme…
En 1880, la majorité des sommets sont gravis par le célèbre anglais et alpiniste Whymper et ses deux guides, les cousins Carrel.
L’expédition réalise au total 8 premières et douze sommets en moins de huit mois dont une nuit au sommet du Cotopaxi, la première ascension du Chimborazo, le Cayambe, l’Antisana… La moisson de sommets est exceptionnelle pour l’époque, les accès étant beaucoup plus difficiles que maintenant ! 
Seul l’Altar, le sommet le plus technique d’Équateur, reste invaincu jusqu’en 1963.

Sur le plan géographique

La Cordillère des Andes est dans sa partie la plus étroite en Équateur. Elle divise le pays en trois régions : à l’Est, la forêt amazonienne au climat très humide. A l’Ouest, la côte pacifique, facilement accessible avec un climat chaud et humide également. Entre les deux, sur une bande d’environ 200 kilomètres, la partie montagneuse du pays.
La Cordillère se décompose en deux chaînes orientées Nord-sud et séparées de 40 à 60 kilomètres. Entre elles, s’étend la fertile vallée des volcans (baptisée ainsi par le célèbre explorateur et scientifique Humboldt) dans laquelle se trouve Quito et les principales villes du pays.
On dénombre au total dix sommets au dessus de 5000 mètres (dont un au dessus de 6000 mètres) en distinguant Iliniza Sud et Nord.
La chaîne Est, d’une altitude moyenne plus élevée, est également plus massive. Les principaux sommets sont le Cotopaxi (5897 m), le Cayambe (5790 m), l’Antisana (5704 m),  l’Altar (5319 m), le Sangay (5230 m, le volcan le plus actif d’Amérique du Sud, voire même du monde)…
Le flanc Est de cette chaîne descend directement dans la jungle et reste très sauvage et peu exploré.
La Chaîne Ouest, quant à elle, abrite le point culminant du pays, le Chimborazo (6310 m).
L’Équateur possède l’une des plus importantes concentration de volcans. On en compte plus de 30 dont 8 au moins sont considérés comme actifs.

Au niveau du climat

La majorité des descriptions du climat équatorien s’accordent à dire que son aspect le plus certain est sans doute son instabilité. Un proverbe local dit qu’en montagne, l’ensemble des climats peuvent être expérimentés en une seule journée…
On retrouve en Équateur une saison sèche et une saison des pluies.
Malgré la petite taille de ce pays, il faut distinguer plusieurs zones climatiques : en montagne, le climat varie d’Est en Ouest.
Les montagnes de l’Est (Antisana, Altar, Sangay et dans une moindre mesure Cayambe) sont influencées par l’air humide venant d’Amazonie. Les mois les plus humides s’étendent de Juin à Août, les plus secs sont décembre et janvier.
Le climat des montagnes de l’Ouest est inversé : saison sèche de fin juin à début septembre et de décembre à début janvier. Saison des pluies de février à mai. Pendant la saison sèche, les températures ont tendance à être très basses pendant la nuit et les vents assez forts peuvent représenter un problème pour les ascensions, surtout en août. En octobre et novembre, le temps est changeant. 
En règle générale, décembre et janvier sont les meilleurs mois pour faire de la montagne et la période de mars à mai, la pire. De juin à septembre, mieux vaut éviter la partie Est pour grimper dans la partie Ouest, d’octobre à février, c’est l’inverse.
Le Cotopaxi bénéficie d’un micro climat assez sec qui lui permet d’être accessible quasiment toute l’année.

Une expé en Équateur

L’ascension de sommets en Équateur n’est pas soumise à autorisation.
Les temps d’accès, de l’ordre de la journée, sont très limités ; une expédition en Équateur n’est donc pas tournée, en général, sur un objectif unique.
Du fait de l’altitude élevée des volcans, il est préférable de s’acclimater quelques jours avant de se lancer sur une ascension (visite du pays, trek). 

Plusieurs ouvrages de référence :
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Rob Rachowiecki – Betsy Wagenhauser, « Climbing and hiking in Ecuador », aux éditions Bradt. Ouvrage en anglais décrivant les principales ascensions et trekkings en Équateur,
-         Marco Cruz, « Montanas del Equador », Denediciones, 1993. Très beau livre de publication récente en espagnol,
-         Bernard Francou – Patrick Wagnon, « Cordillères andines », aux éditions Glénat, 1998. Très bel ouvrage en français sur les pays andins (Bolivie, Pérou et Équateur),
-         Edward Whymper, « Travels amongst the great Andes of the Equator ». La description de l’expédition de 1880, très difficile à trouver…

Pour se déplacer, se loger… en Amérique du Sud, vous pouvez utiliser les guides de voyages South American Handbook (une référence pour l’Amérique du Sud) ou Lonely Planet.

Cartes
Elles sont publiées et disponibles à l’Institut Géographique Militaire (IGM) à Quito. On trouve des cartes au 1/50000ième de la majorité des zones et quelques cartes au 1/25000ième.

Organisation sur place

Il y a plusieurs manières d’organiser son expé :
-         Partir avec seulement un billet d’avion et voir sur place : c’est une bonne solution pour découvrir l’Équateur plus en profondeur. Il faut avoir l’habitude de voyager dans ce genre de pays et parler quelques mots d’espagnol. Il est possible de louer l’essentiel de l’équipement nécessaire à Quito et de trouver des guides compétents pour faire la majorité des ascensions classiques.
-         Contacter une agence directement sur place et organiser son expé en collaboration avec elle.
-         Contacter une agence française pour qu’elle organise l’ensemble de l’expé.
-         Contacter un Guide de Haute Montagne et bâtir le projet ensemble en se répartissant les taches en fonction des connaissances de chacun.

L’acclimatation

Un trek intéressant pour parfaire son acclimatation :  quatre à cinq jours pour relier Papallacta au pied du Cotopaxi en passant au pied de l’Antisana. Il est ensuite possible d’enchaîner sur l’ascension du Cotopaxi.
Le départ est facilement accessible en bus depuis Quito. Il se situe vers 3600 mètres d’altitude. Par endroit, l’itinéraire n’est pas évident à trouver en cas de mauvaise visibilité, certains passages peuvent être (très) boueux.
L’itinéraire franchit plusieurs cols à plus de 4000 mètres, le point culminant se situant aux alentours de 4300 mètres. 
Tente et équipement de camping sont nécessaires. Ce trek est décrit en détail dans le livre « climbing and Hiking in Equator », (voir les références exactes plus haut).

Les principaux sommets

Chaîne Ouest

Chimborazo, 6310 mètres

Point culminant du pays atteint pour la première fois par Whymper en 1880, il est situé à 150 kilomètres au Sud de Quito. Il est composé de cinq sommets, dont le moins haut, aux alentours de 5500 mètres et le plus à l’Est, est le plus technique.
L’ascension du sommet principal par sa voie directe (la voie utilisée par Whymper est plus exposée aux chutes de séracs) ne pose pas de problème technique particulier, l’équipement de base de progression sur glacier est néanmoins nécessaire (crevasses). C’est une ascension longue (5 à 7 heures en moyenne pour atteindre le sommet si les conditions sont bonnes) dont le problème principale est l’altitude. Le point de départ, le refuge Whymper situé à 5000 mètres, s’atteint facilement par une piste (également à pied depuis la route principale).

Iliniza, 5263 mètres

Il est situé à 55 kilomètres au Sud de Quito. La première ascension du sommet Sud (point culminant) est à attribuer aux cousins Carrel lors de l’expédition Whymper de 1880 (Whymper lui-même n’a pas atteint le sommet).
On distingue les sommets Sud (5263 m) et Nord (5126 m) séparés d’un kilomètre environ.
Le point de départ pour l’ascension des deux sommets (refuge) s’atteint assez facilement en quelques heures de marche à partir de la fin de la piste.
Le sommet Nord est entièrement rocheux (pas de glacier) ; son ascension nécessite deux heures depuis le refuge et ne présente pas de difficulté particulière.
Le sommet Sud est assez raide et crevassé ; il offre l’une des ascensions les plus difficiles du pays.
Deux itinéraires sont assez fréquentés. Celui considéré comme étant la voie normale est devenu de plus en plus difficile avec le recul des glaciers, plus particulièrement les années sèches. On peut trouver une section à 80°, les risques de chutes de pierres et d’avalanches ne sont pas négligeables. L’itinéraire change fréquemment en fonction des conditions.
L’autre voie se trouve sur la face Nord et se fait au départ du refuge « nuevos horizontes ». Un raide couloir de neige représente la principale difficulté.  

Chaîne Est

Cayambe, 5790 mètres

Il est situé à 65 kilomètres au Nord-est de Quito. Ce volcan actif a été gravi la première fois par Whymper (encore !) ; Techniquement peu difficile, le problème principal réside dans les crevasses et les risques d’avalanches. Un refuge pas toujours gardé se trouve sur le flanc Ouest de la montagne à 4600 m d’altitude (accessible en 4*4).
Pour cette ascension, il est essentiel de partir tôt et être de retour vers 10 heures du matin afin d’éviter les risques d’avalanches dus à la chaleur de la journée.
L’ascension peut se faire quasiment toute l’année, les mois d’octobre à janvier sont néanmoins considérés comme étant les meilleurs.
A noter que les flancs du Cayambe sont traversés par l’équateur ; ce sont les plus hauts points de la terre sur cette ligne.

Antisana, 5704 mètres

Il est situé à 55 kilomètres au Sud-est de Quito. L’Antisana dont la signification est « Pic de l’Est », est un volcan actif pourtant entièrement recouvert de glace. Il peut être nécessaire de prendre un permis pour se rendre au pied de la montagne ; il faut en effet traverser le domaine d’une immense hacienda…
On distingue quatre sommets, la première revient une fois de plus à Whymper. C’est une des plus difficiles ascensions d’Équateur et des plus dangereuses du fait de nombreuses crevasses et de la fréquence du mauvais temps. Il n’y a pas de refuge sur la montagne. Février est le meilleur mois pour en faire l’ascension.
A noter la possibilité de traverser l’Antisana du Sud au Nord, plus technique, très rarement effectué. Du sommet, par beau temps, on distingue entres autres Cayambe, Cotopaxi et Chimborazo.

Cotopaxi, 5897 mètres

Il est situé à 55 kilomètres au Sud de Quito. C’est un volcan actif dont la première ascension a été effectué en 1872 par l’Allemand Reiss. Cette ascension est peu technique, néanmoins l’équipement de progression sur glacier est indispensable.
A noter qu’il s’agit du sommet qui bénéficie du plus de journées ensoleillées dans l’année. Son ascension est possible toute l’année. Juin et juillet sont les mois les plus secs mais des vents très violents soufflent en fin de journée. Décembre et janvier sont presque aussi secs et beaucoup moins ventés. L’accès au refuge (4800 m) est très aisé en voiture.

Altar, 5319 mètres

Il est situé à 170 kilomètres au Sud de Quito. La première ascension date de 1963 par une équipe italienne ; c’est sans doute la plus technique du pays et dont l’approche est la plus longue. Les difficultés sont en neige, glace et rocher.  La meilleure période d’ascension s’étend entre décembre et janvier.

Équateur

 

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