Organisation

Le matériel personnel

« Quand on en est au stade de choisir le matériel c’est que l’on est proche du départ » , « mon sac sera vite fait, quelques achats et c’est parti », « on doit pouvoir trouver pas mal de choses sur place », « ba !! on se débrouillera bien sans » …De phrases classiques et qui signent cette frénésie d’avant départ. Souvent, dans ces moments, les jeux sont faits.

On a rêvé depuis des mois de cette expédition, le sommet ou la traversée sont choisis, la logistique établie, les billets d’avion achetés. Bref on est déjà sur place dans notre tête. Et pourtant combien d’heures va t’on encore passer à choisir, négocier, emballer, expédier tout le matériel. Un dossier sur le matériel en expédition peut être très vaste. Néanmoins on peut distinguer trois parties distinctes :  

 


 

  
  

-     Le matériel personnel :
- Les vêtements et la tête
- Pour les mains
- Pour les pieds
- Pour dormir
- Le matériel technique
- Pour le portage
- Divers : pour manger, pour le confort, pour les soins.

-     Le matériel collectif :
- Les tentes
- Les réchauds
- La nourriture
- Le matériel technique lié à la progression (corde ancrage…)
- Le matériel de sécurité et de secours

Où trouver ce matériel ? et quelles sont les aides dont je puis bénéficier ? Comment l’emballer et l’expédier ?

      1. Les vêtements

C’est une partie qu’il ne faut pas négliger car ils sont souvent la base d’une grande réussite. Si dans les Alpes vous pourrez facilement faire sécher votre vieux GoreTex et vos tee-shirt en coton dans le refuge le soir, à 7000m dans la tente, tout est différent. Le lendemain il sera dur de partir.
Et puis avoir froid c’est l’enfer, mais avoir trop chaud aussi, et cela on l’oublie trop souvent.

Nombre de couches :
tout dépend de l’altitude et de la latitude, on retrouve quand même cette base :

- Bas : 2 à 4 couches ; collant + pantalon imperméable respirant. On rajoutera un collant en polaire, ou un pantalon en duvet pour les expé hautes ou en latitude extrême.

- Haut : 3 à 5 couches ; sous-vêtement fin + polaire + veste imperméable. On rajoutera un sous-vêtement plus épais que le premier et une veste en duvet pour augmenter la chaleur. Il existe aussi des gilets ou petites doudounes en synthétique garantissant un bon pouvoir calorifique et qui remplacent bien la polaire.

Attention : la veste imperméable doit pouvoir être mise sur toutes les couches y compris sur la doudoune.

Il existe aussi des combinaisons duvet uniquement destinées aux conditions extrêmes d’altitude et de latitude. Elles garantissent que le vent ne rentre pas entre le haut et le bas. En revanche elles sont pénibles pour aller faire ses besoins (surtout pour les filles) et pas polyvalentes dans le cadre de plusieurs expés d’altitudes variables.

Les matériaux :

Sous-vêtements : tout est bon dans les nouveaux matériaux respirant et séchant facilement (capilène, carline…). Un facteur intéressant : garde-t-il l’odeur quand il n’est pas lavé souvent ? Un col zippé permet de ventiler facilement. Des manches longues évitent de se brûler les avant-bras quand il fait chaud et que l’on évolue sur glacier.
Une évidence bonne parfois à rappeler : proscrire le coton.

Autres couches : une vérité : accumuler plusieurs couches fines plutôt qu’une épaisse. La polaire la plus épaisse n’est pas le meilleur choix. On trouvera dans les nouveaux concepts de très bon choix : une polaire strech (pour l’amplitude des mouvements) + doudoune en synthétique (gilets ou avec manche).

Vêtement imperméable : pas de meilleurs matériaux que d’autres, mais le rapport poids / encombrement dans le sac est à regarder de près. Attention qu’il puisse être enlevé et mis très facilement (pantalon). La capuche de la veste doit être très enveloppante et non amovible car il y a risque de perte !!! Une ventilation par fermeture éclair sous les bras est un plus. On a souvent soit froid soit trop chaud. Alors trouvons des produits qui permettent de jongler.

La doudoune : indispensable pour toute expédition, parce que là-haut, on ne marche pas forcément à la même vitesse que dans les Alpes, on passe beaucoup de temps dehors dans des conditions rudes, et surtout un peu de confort dans les phases de repos au camp de base est appréciable pour préparer une tentative.

Le duvet reste la référence pour les combinaisons, grosses vestes et pantalons par son rapport poids chaleur et sa compacité extraordinaire.

      2. Pour les mains

Les contraintes :
-         Avoir chaud par des températures allant jusqu’à –30°C
-         Ne pas être trop serré pour ne pas empêcher la circulation sanguine
-         Avoir suffisamment de précision pour manipuler mousquetons, montage de tente, nœud…
-         Protéger des rayons et de la réverbération du soleil sur la neige sans avoir trop chaud
-         Éviter de les perdre (pas les mains, les gants)

Quelques solutions :

En fonction de l’altitude on ne retrouvera pas toujours les mêmes besoins surtout sur le plan chaleur. De plus, la nature du terrain peut orienter le choix . Mais globalement cette base :
-         Une paire de gant de ski (chaud, solide, suffisamment précis pour se servir de ces doigts), attention qu’ils ne soit pas trop serrer
-         Un paire de moufle en duvet (très chaude, légère, assez large pour pouvoir enfiler un sous gants fin
-         Une paire de gant très fin (type soie ou méraklon)
Pour les expéditions ou il y a du rocher, une paire moufle polaire de gant en polaire fendue au niveau des doigts pour les laisser libre

Attention : si vous avez froid aux main, couvrez vous la tête. Les plus grandes déperditions de chaleurs viennent de là.

      3. Pour les pieds

Quelques généralités

Comme les mains, les pieds sont une partie du corps qu’il ne faut pas négliger en expédition (les extrémités sont les premières à subir les fortes agression du froid…).

Encore une banalité : essayez vos deux chaussures avant de partir avec la plus grosse paire de chaussettes que vous serez amenés à porter pendant l’expé et vérifiez que vous ne ressentez aucun point de compression au niveau des deux pieds (avant de la chaussure, côtés, dessus).
Il n’est pas nécessaire de superposer plusieurs chaussettes mais indispensable d’avoir de la place dans la chaussure.

Un point également important avant d’acheter une paire de chaussures d’expé : la facilité avec laquelle il est possible de mettre et d’attacher ses chaussures avec des gants en position expé (la plupart du temps assis dans la tente).

Conception des différents modèles

Les chaussures les plus chaudes sont toutes conçues de la même manière : un chausson intérieur en alvéolite, une partie chaussure thermique, imperméable avec guêtre intégrée.
Attention
 : en altitude, le chausson alvéolite prend du volume ; ne pas hésitez à choisir une à deux pointures au dessus de votre pointure habituelle !
Une semelle antidérapante sous le chausson alvéolite est fortement recommandé quand on sort de la tente pour quelques minutes…
Les chaussures en cuir sont à proscrire par grand froid même avec des sur bottes. Le cuir a tendance à se durcir au froid, en cas de marche prolongée dans de la neige humide, il sera ensuite très difficile de faire sécher une chaussure en cuir.
Un autre avantage d’avoir des chaussons intérieurs amovibles est de pouvoir les tenir au chaud / faire sécher à l’intérieur du duvet, beaucoup plus difficile à faire avec une chaussure en cuir !

Les différents modèle du marché

      - Millet, modèle Everest : issu de la chaussure d’expédition One Sport, c’est sans doute le modèle le plus utilisé actuellement. Modèle de référence qui a fait ses preuves sur les plus hauts sommets de la planète…

      - Sportiva : relativement récent, c’est un modèle qui concurrence directement la chaussure Millet.

      - Scarpa : modèle très récent, plus cher mais également plus technique que les modèles précédents.

      - Millet, modèle Shivling : même conception que le modèle Everest mais conçu pour des températures moins extrêmes.

Coques plastiques (Koflach, Asolo) : c’est également une alternative en les associant à des sur bottes. Ces modèles sont quand même moins chauds que les chaussures mentionnées précédemment et ne sont pas recommandés pour des températures extrêmes.

4. Le couchage

Un bon repos, c’est la base de la réussite…

Le matelas

Les matelas autogonflants représentent un excellent isolant thermique pour un poids et un encombrement minimes. Il n’est pas forcément nécessaire de le prendre très long, l’essentiel est qu’il couvre des épaules au milieu des jambes. Le sac à dos sous les jambes et des vêtements sous la tête feront parfaitement l’affaire. C’est évidemment un choix tout à fait personnel mais le poids est un critère non négligeable en expé ! Certains argumenteront qu’en cas de crevaison, le matelas auto gonflant devient complètement inutile : c’est vrai mais c’est rare et il est toujours utile d’avoir une petite trousse de réparation en expé.
Sinon, le matelas mousse style karimat reste la référence quasi indestructible et léger…

Le duvet

Si il y a une chose dans laquelle il peut être important de casser la tire lire c’est le duvet : ne pas dormir la nuit à cause du froid, c’est l’enfer !!!

Le choix de la matière : duvet naturel ou synthétique ?

Même si votre tente n’est pas posée dans une marre d’eau, votre duvet sera mouillé soit par l’humidité de votre corps et de votre respiration, soit par la condensation de la tente qui gèlera pendant la nuit et qui fondra au matin.

-     Pour des expés d’altitude où les facteurs poids et compressibilité sont primordiaux, le duvet naturel est la meilleure matière qui puisse exister. En revanche il sèche plus lentement et surtout quand il est humide, les plumes ont tendance à se coller les unes aux autres créant ainsi des vides. C’est pourquoi il est important de faire sécher son duvet en dehors de la tente pendant les moments de soleil et de températures positives.

-     Les duvets en synthétique sont intéressants dans les grandes traversée nordiques, où il est quasiment impossible de faire sécher quoi que se soit. Les fibres stockeront elles aussi l’humidité mais resteront uniformément réparties.

De nombreuses marques fabriquent des duvets d’excellente qualité, un des leader mondiale en la matière est sans aucun doute Valandré.
Les critères importants pour choisir un duvet : le rapport poids / chaleur, la compressibilité, le nombre de caissons, la qualité de la matière intérieure. A poids égal le synthétique est moins chaud et moins compressible.

La taille et la forme du duvet

Votre duvet c’est votre chambre en expé. Il fera office de lit, de placard, de micro onde pour dégeler nourriture ou gaz, de sèche linge…
Il est fréquent de se retrouver avec la gourde ou le thermos, l’appareil photo, la cartouche de gaz pour le lendemain matin, les chaussettes et les gants à faire sécher, les chaussons des coques plastiques à garder au chaud, la frontale pour préserver les piles, et parfois aussi la nourriture du petit déjeuner qui risque de geler, le flacon pour uriner dans la nuit, tout ça dans le duvet. Quand on sait que l’air enfermé est le meilleur isolant on a vite compris qu’il faut un grand duvet et surtout large.

La forme sarcophage est la mieux adaptée aux conditions rudes. Une collerette permettra de garder la tête libre sans perdre la chaleur intérieure. Une fermeture sur tout le long du duvet alourdit mais permet d’accéder au fond sans en sortir. De plus elle permet de tempérer l’intérieur, surtout pendant la marche d’approche pendant laquelle il peut faire très chaud.

Un deuxième duvet pourra être utile et rester au camp de base. On évitera ainsi de faire des allers-retours sur la montagne avec, sans arrêt, un duvet dans la sac…

Vieux duvet : Certaines marques comme Valandré proposent de « regonfler » leurs duvets lorsqu’ils commencent à perdre leur pouvoir calorifique. Intéressant…

Pour les expés de très haute altitude au cours desquelles on utilise un ensemble vêtement en duvet, il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un duvet très chaud donc « lourd ». En dormant tout habillé, un duvet intermédiaire peut suffire (vous gagnerez du temps aussi)…

5. Le matériel technique personnel

Les caractéristiques du matériel technique dépendent bien évidemment de l’objectif de l’expédition.

Le baudrier

Critères de choix : poids et facilité d’utilisation avec des gants. De nombreux fabricants proposent des baudriers légers souvent utilisés en ski de randonnée, qui se prêtent bien aux expés.

Mais attention, lorsque vous aurez un sac de 15 kg voire plus, il deviendra très inconfortable voire dangereux si vous devez vous pendre dedans. Il faut le choisir large de manière à pouvoir le mettre par dessus les différentes couches de vêtements et pouvoir l’attacher autour de la taille puis fermer les jambes. Les baudriers que l’on doit impérativement mettre par les pieds ne sont pas les plus pratiques. Une longe double en permanence sur votre baudrier sera d’une grande utilité pour :
-         passer les fractionnés d’une corde fixe et utiliser votre poignée autobloquante,
-         vous attacher à un point.

Les crampons

Les crampons 10 pointes font souvent l’affaire pour des sommets faciles, mais certains 12 pointent sont aussi légers. Prévoir les anti-bottes et vérifier que le système d’attache (préférer les crampons semi automatiques aux crampons à lanières) est facile d’utilisation avec des gants.

Les crampons ultra léger peuvent être un bon choix pour des objectif pas techniques du tout, ils s’avèrent vite limités sur la glace et fragiles sur des rochers. Attention certains crampons ne tiennent pas sur les grosses chaussures type Everest ou les coques avec des sur bottes.

Le piolet

Tout dépend de l’itinéraire. Un piolet type cascade de glace peut s’avérer utile sur un itinéraire raide non équipé en cordes fixes. Un piolet trop léger sera très fragile si vous devez vous en servir pour frapper sur les pieux à neige voire des pitons (risque de casse).

Pas trop long et pas trop court et pas trop lourd. Les piolets utilisés en ski de rando sont, dans la plupart des cas, suffisants mais ils restent peu adaptés à la pose des pieux à neige.

Un ou deux piolets marteaux dans l’équipe est un choix judicieux.

Le sac à dos

Dans les phases d’installation / désinstallation des camps sur la montagne, chacun est souvent amené à porter le plus possible en fonction de ses capacités. Un sac à dos d’un volume de 70 litres ne paraît pas démesuré ! Une partie fixe de 60 litres et des jupes légères avec un dessus amovible est une bonne solution.

Le portage doit être excellent (ne pas oublier de tester le sac chargé avant de l’acheter !). Le sac le plus léger sera sûrement le plus attirant mais ne sera pas le plus confortable ?

Skis et raquettes

Pour certains sommets, une approche à ski est intéressante, voire même obligatoire. Les miniskis d’approche utilisés dans nos massifs peuvent servir en expé, mais leur surface, moindre par rapport aux skis de rando classiques, peuvent rendre la trace plus difficile à faire dans de grandes quantités de neige. Ils peut également être plus difficile de skier avec ces skis courts à la descente avec un sac lourd.

Les skis de rando légers utilisés classiquement représentent un bon choix.

Le principal problème réside dans le choix de la fixation : légère, adaptable aux chaussures d’expé et simple d’utilisation. Les anciennes fixations « Chrono » de chez Emery remplissaient très bien ce rôle. Mais elles n’existent plus…

Dans un groupe avoir une ou deux paires de raquettes pour faire la trace est une bonne chose.

Attention les sherpas ou porteurs d’altitude ne sont pas skieurs mais font souvent les premières traces. Penser à leur amener des raquettes…

ARVA, pelle et sonde

En expé, on a souvent un nombre de jours maximum au camp de base. Suite à une grosse chute de neige, on n’attendra pas forcément très longtemps que la neige se tasse pour monter dans les camps d’altitude, pour s’acclimater ou faire la dernière tentative avant le retour. Dans ces moments, on est quelquefois amené à prendre des risques que l’on ne prendrait peut-être pas chez nous…

L’ARVA, la pelle et la sonde devrait faire partie de l’équipement de base. Les sommets d’expés présentent souvent des pentes de neige propices aux avalanches.

Pour les sommets subissant une période de mousson, il peut être intéressant de regarder l’orientation des pentes et leur capacité à transformer.

Un exemple de petite pharmacie personnelle

Elastoplast + double peau ; anti-diarrhéique ; antalgique ; aspirine ; doliprane ; collyre ; médicament pour la gorge : Lysopaïne ; somnifère léger ; antibiotique à spectre large ; Hydrochloronazone ou Micropur ; médicaments personnels.

Attention : cette liste ne remplace pas une boite de pharmacie complète pour le groupe. Chaque camp peut aussi être pourvu d’une petite pharmacie collective. 

Pour transporter ses affaires et le matériel

Le traditionnel sac marin est peu pratique, préférer un sac de voyage avec ouverture « plombier ». Une toile imperméable et très résistante sera un gros avantage dans les marches d’approche humides. On peut également ajouter un sac de riz par dessus afin de le protéger (la phase de portage jusqu’au camp de base est souvent rude pour les sacs !) et de ne pas attirer la convoitise.

Les bidons sont excellents dans des conditions difficiles. Ils ne sont pas fragiles, totalement imperméables, on peut les laisser dehors ce qui libère de la place dans les tentes, ils peuvent servir de chaises… En revanche dans certains pays ils seront difficilement transportables à dos d’hommes ou de yacks. Attention de ne pas trop les charger !!! Le modèle 60 litres est le maximum à envisager.

En plus, en fonction de l’expé

Couverture de survie, sacs poubelles, casque, descendeur, mousquetons à vis, sangles, cordelette, poignée autobloquante, bâtons télescopiques, flacon pour uriner, thermos, gourde, couteau, cuillère, bol, briquet, rouleau de papier toilette, chaufferettes, frontale et piles de rechange, walk man, jeu de carte, livres…

expédition

 

Expés - Chamonix - France - Tél : +33 683 488 733
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