|
Le matériel personnel :
- Les vêtements et la tête
- Pour les mains
- Pour les pieds
- Pour dormir
- Le matériel technique
- Pour le portage
- Divers : pour manger, pour le confort, pour les soins.
-
Le matériel collectif :
- Les tentes
- Les réchauds
- La nourriture
- Le matériel technique lié à la progression (corde ancrage…)
- Le matériel de sécurité et de secours
Où trouver ce matériel ?
et quelles sont les aides dont je puis bénéficier ? Comment l’emballer
et l’expédier ?
1.
Les vêtements
C’est une partie qu’il ne
faut pas négliger car ils sont souvent la base d’une grande réussite. Si
dans les Alpes vous pourrez facilement faire sécher votre vieux GoreTex et vos
tee-shirt en coton dans le refuge le soir, à 7000m dans la tente, tout est différent.
Le lendemain il sera dur de partir.
Et puis avoir froid c’est l’enfer, mais avoir trop chaud aussi, et cela on
l’oublie trop souvent.
Nombre de couches : tout dépend de l’altitude et de la latitude, on
retrouve quand même cette base :
- Bas : 2 à 4 couches ; collant + pantalon imperméable respirant. On
rajoutera un collant en polaire, ou un pantalon en duvet pour les expé hautes
ou en latitude extrême.
- Haut : 3 à 5 couches ; sous-vêtement fin + polaire + veste imperméable.
On rajoutera un sous-vêtement plus épais que le premier et une veste en duvet
pour augmenter la chaleur. Il existe aussi des gilets ou petites doudounes en
synthétique garantissant un bon pouvoir calorifique et qui remplacent bien la
polaire.
Attention : la veste imperméable
doit pouvoir être mise sur toutes les couches y compris sur la doudoune.
Il existe aussi des combinaisons
duvet uniquement destinées aux conditions extrêmes d’altitude et de
latitude. Elles garantissent que le vent ne rentre pas entre le haut et le bas.
En revanche elles sont pénibles pour aller faire ses besoins (surtout pour les
filles) et pas polyvalentes dans le cadre de plusieurs expés d’altitudes
variables.
Les matériaux :
Sous-vêtements : tout est
bon dans les nouveaux matériaux respirant et séchant facilement (capilène,
carline…). Un facteur intéressant : garde-t-il l’odeur quand il
n’est pas lavé souvent ? Un col zippé permet de ventiler facilement.
Des manches longues évitent de se brûler les avant-bras quand il fait chaud et
que l’on évolue sur glacier.
Une évidence bonne parfois à rappeler : proscrire le coton.
Autres couches : une vérité :
accumuler plusieurs couches fines plutôt qu’une épaisse. La polaire la plus
épaisse n’est pas le meilleur choix. On trouvera dans les nouveaux concepts
de très bon choix : une polaire strech (pour l’amplitude des mouvements)
+ doudoune en synthétique (gilets ou avec manche).
Vêtement imperméable :
pas de meilleurs matériaux que d’autres, mais le rapport poids / encombrement
dans le sac est à regarder de près. Attention qu’il puisse être enlevé et
mis très facilement (pantalon). La capuche de la veste doit être très
enveloppante et non amovible car il y a risque de perte !!! Une ventilation
par fermeture éclair sous les bras est un plus. On a souvent soit froid soit
trop chaud. Alors trouvons des produits qui permettent de jongler.
La doudoune : indispensable
pour toute expédition, parce que là-haut, on ne marche pas forcément à la même
vitesse que dans les Alpes, on passe beaucoup de temps dehors dans des
conditions rudes, et surtout un peu de confort dans les phases de repos au camp
de base est appréciable pour préparer une tentative.
Le duvet reste la référence
pour les combinaisons, grosses vestes et pantalons par son rapport poids
chaleur et sa compacité extraordinaire.
2. Pour les mains
Les contraintes :
-
Avoir chaud par des températures allant jusqu’à –30°C
-
Ne pas être trop serré pour ne pas empêcher la circulation sanguine
-
Avoir suffisamment de précision pour manipuler mousquetons, montage de
tente, nœud…
-
Protéger des rayons et de la réverbération du soleil sur la neige sans
avoir trop chaud
-
Éviter de les perdre (pas les mains, les gants)
Quelques solutions :
En fonction de l’altitude on
ne retrouvera pas toujours les mêmes besoins surtout sur le plan chaleur. De
plus, la nature du terrain peut orienter le choix . Mais globalement cette base :
-
Une paire de gant de ski (chaud, solide, suffisamment précis pour se
servir de ces doigts), attention qu’ils ne soit pas trop serrer
-
Un paire de moufle en duvet (très chaude, légère, assez large pour
pouvoir enfiler un sous gants fin
-
Une paire de gant très fin (type soie ou méraklon)
Pour les expéditions ou il y a du rocher, une paire moufle polaire de gant en
polaire fendue au niveau des doigts pour les laisser libre
Attention : si vous avez
froid aux main, couvrez vous la tête. Les plus grandes déperditions de
chaleurs viennent de là.
3. Pour
les pieds
Quelques
généralités
Comme les mains, les pieds sont
une partie du corps qu’il ne faut pas négliger en expédition (les extrémités
sont les premières à subir les fortes agression du froid…).
Encore une banalité :
essayez vos deux chaussures avant de partir avec la plus grosse paire de
chaussettes que vous serez amenés à porter pendant l’expé et vérifiez que
vous ne ressentez aucun point de compression au niveau des deux pieds (avant de
la chaussure, côtés, dessus).
Il n’est pas nécessaire de superposer plusieurs chaussettes mais
indispensable d’avoir de la place dans la chaussure.
Un point également important
avant d’acheter une paire de chaussures d’expé : la facilité avec
laquelle il est possible de mettre et d’attacher ses chaussures avec des gants
en position expé (la plupart du temps assis dans la tente).
Conception
des différents modèles
Les chaussures les plus chaudes
sont toutes conçues de la même manière : un chausson intérieur en alvéolite,
une partie chaussure thermique, imperméable avec guêtre intégrée.
Attention : en altitude, le chausson alvéolite prend du volume ;
ne pas hésitez à choisir une à deux pointures au dessus de votre pointure
habituelle !
Une semelle antidérapante sous le chausson alvéolite est fortement recommandé
quand on sort de la tente pour quelques minutes…
Les chaussures en cuir sont à proscrire par grand froid même avec des sur bottes. Le cuir a tendance à se durcir au froid, en cas de marche prolongée
dans de la neige humide, il sera ensuite très difficile de faire sécher une
chaussure en cuir.
Un autre avantage d’avoir des chaussons intérieurs amovibles est de pouvoir
les tenir au chaud / faire sécher à l’intérieur du duvet, beaucoup plus
difficile à faire avec une chaussure en cuir !
Les
différents modèle du marché
- Millet, modèle Everest : issu de la chaussure d’expédition One Sport,
c’est sans doute le modèle le plus utilisé actuellement. Modèle de référence
qui a fait ses preuves sur les plus hauts sommets de la planète…
- Sportiva : relativement récent, c’est un modèle qui concurrence
directement la chaussure Millet.
- Scarpa : modèle très récent, plus cher mais également plus technique
que les modèles précédents.
- Millet, modèle Shivling : même conception que le modèle Everest mais
conçu pour des températures moins extrêmes.
Coques
plastiques (Koflach, Asolo) : c’est également une alternative en les
associant à des sur bottes. Ces modèles sont quand même moins chauds que les
chaussures mentionnées précédemment et ne sont pas recommandés pour des températures
extrêmes.
4.
Le couchage
Un bon repos, c’est la base de
la réussite…
Le matelas
Les matelas autogonflants représentent
un excellent isolant thermique pour un poids et un encombrement minimes. Il
n’est pas forcément nécessaire de le prendre très long, l’essentiel est
qu’il couvre des épaules au milieu des jambes. Le sac à dos sous les jambes
et des vêtements sous la tête feront parfaitement l’affaire. C’est évidemment
un choix tout à fait personnel mais le poids est un critère non négligeable
en expé ! Certains argumenteront qu’en cas de crevaison, le matelas auto
gonflant devient complètement inutile : c’est vrai mais c’est rare et
il est toujours utile d’avoir une petite trousse de réparation en expé.
Sinon, le matelas mousse style karimat reste la référence quasi indestructible
et léger…
Le duvet
Si il y a une chose dans laquelle il peut être
important de casser la tire lire c’est le duvet : ne pas dormir la nuit
à cause du froid, c’est l’enfer !!!
Le choix de la matière : duvet naturel ou
synthétique ?
Même si votre tente n’est pas posée dans une
marre d’eau, votre duvet sera mouillé soit par l’humidité de votre corps
et de votre respiration, soit par la condensation de la tente qui gèlera
pendant la nuit et qui fondra au matin.
-
Pour des expés d’altitude où les facteurs poids et compressibilité
sont primordiaux, le duvet naturel est la meilleure matière qui puisse exister.
En revanche il sèche plus lentement et surtout quand il est humide, les plumes
ont tendance à se coller les unes aux autres créant ainsi des vides. C’est
pourquoi il est important de faire sécher son duvet en dehors de la tente
pendant les moments de soleil et de températures positives.
-
Les duvets en synthétique sont intéressants dans les grandes traversée
nordiques, où il est quasiment impossible de faire sécher quoi que se soit.
Les fibres stockeront elles aussi l’humidité mais resteront uniformément réparties.
De nombreuses marques fabriquent des duvets
d’excellente qualité, un des leader mondiale en la matière est sans aucun
doute Valandré.
Les critères importants pour choisir un duvet : le rapport poids /
chaleur, la compressibilité, le nombre de caissons, la qualité de la matière
intérieure. A poids égal le synthétique est moins chaud et moins
compressible.
La taille et la forme du duvet
Votre duvet c’est votre
chambre en expé. Il fera office de lit, de placard, de micro onde pour dégeler
nourriture ou gaz, de sèche linge…
Il est fréquent de se retrouver avec la gourde ou le thermos, l’appareil
photo, la cartouche de gaz pour le lendemain matin, les chaussettes et les gants
à faire sécher, les chaussons des coques plastiques à garder au chaud, la
frontale pour préserver les piles, et parfois aussi la nourriture du petit déjeuner
qui risque de geler, le flacon pour uriner dans la nuit, tout ça dans le duvet.
Quand on sait que l’air enfermé est le meilleur isolant on a vite compris
qu’il faut un grand duvet et surtout large.
La forme sarcophage est la mieux
adaptée aux conditions rudes. Une collerette permettra de garder la tête libre
sans perdre la chaleur intérieure. Une fermeture sur tout le long du duvet
alourdit mais permet d’accéder au fond sans en sortir. De plus elle permet de
tempérer l’intérieur, surtout pendant la marche d’approche pendant
laquelle il peut faire très chaud.
Un deuxième duvet pourra être
utile et rester au camp de base. On évitera ainsi de faire des allers-retours
sur la montagne avec, sans arrêt, un duvet dans la sac…
Vieux duvet :
Certaines marques comme Valandré proposent de « regonfler » leurs
duvets lorsqu’ils commencent à perdre leur pouvoir calorifique. Intéressant…
Pour les expés de très haute
altitude au cours desquelles on utilise un ensemble vêtement en duvet, il
n’est pas forcément nécessaire d’avoir un duvet très chaud donc « lourd ».
En dormant tout habillé, un duvet intermédiaire peut suffire (vous gagnerez du
temps aussi)…
5.
Le matériel technique personnel
Les caractéristiques du matériel technique dépendent
bien évidemment de l’objectif de l’expédition.
Le baudrier
Critères de choix : poids
et facilité d’utilisation avec des gants. De nombreux fabricants proposent
des baudriers légers souvent utilisés en ski de randonnée, qui se prêtent
bien aux expés.
Mais attention, lorsque vous
aurez un sac de 15 kg voire plus, il deviendra très inconfortable voire
dangereux si vous devez vous pendre dedans. Il faut le choisir large de manière
à pouvoir le mettre par dessus les différentes couches de vêtements et
pouvoir l’attacher autour de la taille puis fermer les jambes. Les baudriers
que l’on doit impérativement mettre par les pieds ne sont pas les plus
pratiques. Une longe double en permanence sur votre baudrier sera d’une grande
utilité pour :
-
passer les fractionnés d’une corde fixe et utiliser votre poignée
autobloquante,
-
vous attacher à un point.
Les crampons
Les crampons 10 pointes font
souvent l’affaire pour des sommets faciles, mais certains 12 pointent sont
aussi légers. Prévoir les anti-bottes et vérifier que le système d’attache
(préférer les crampons semi automatiques aux crampons à lanières) est facile
d’utilisation avec des gants.
Les crampons ultra léger
peuvent être un bon choix pour des objectif pas techniques du tout, ils s’avèrent
vite limités sur la glace et fragiles sur des rochers. Attention certains
crampons ne tiennent pas sur les grosses chaussures type Everest ou les coques
avec des sur bottes.
Le piolet
Tout dépend de l’itinéraire.
Un piolet type cascade de glace peut s’avérer utile sur un itinéraire raide
non équipé en cordes fixes. Un piolet trop léger sera très fragile si vous
devez vous en servir pour frapper sur les pieux à neige voire des pitons
(risque de casse).
Pas trop long et pas trop court
et pas trop lourd. Les piolets utilisés en ski de rando sont, dans la plupart
des cas, suffisants mais ils restent peu adaptés à la pose des pieux à neige.
Un ou deux piolets marteaux dans
l’équipe est un choix judicieux.
Le sac à dos
Dans les phases d’installation
/ désinstallation des camps sur la montagne, chacun est souvent amené à
porter le plus possible en fonction de ses capacités. Un sac à dos d’un
volume de 70 litres ne paraît pas démesuré ! Une partie fixe de 60
litres et des jupes légères avec un dessus amovible est une bonne solution.
Le portage doit être excellent
(ne pas oublier de tester le sac chargé avant de l’acheter !). Le sac le
plus léger sera sûrement le plus attirant mais ne sera pas le plus confortable ?
Skis et raquettes
Pour certains sommets, une
approche à ski est intéressante, voire même obligatoire. Les miniskis d’approche utilisés dans nos massifs peuvent servir en expé, mais leur
surface, moindre par rapport aux skis de rando classiques, peuvent rendre la
trace plus difficile à faire dans de grandes quantités de neige. Ils peut également
être plus difficile de skier avec ces skis courts à la descente avec un sac
lourd.
Les skis de rando légers utilisés
classiquement représentent un bon choix.
Le principal problème réside
dans le choix de la fixation : légère, adaptable aux chaussures d’expé
et simple d’utilisation. Les anciennes fixations « Chrono » de
chez Emery remplissaient très bien ce rôle. Mais elles n’existent plus…
Dans un groupe avoir une ou deux
paires de raquettes pour faire la trace est une bonne chose.
Attention les sherpas ou
porteurs d’altitude ne sont pas skieurs mais font souvent les premières
traces. Penser à leur amener des raquettes…
ARVA, pelle et sonde
En expé, on a souvent un nombre
de jours maximum au camp de base. Suite à une grosse chute de neige, on
n’attendra pas forcément très longtemps que la neige se tasse pour monter
dans les camps d’altitude, pour s’acclimater ou faire la dernière tentative
avant le retour. Dans ces moments, on est quelquefois amené à prendre des
risques que l’on ne prendrait peut-être pas chez nous…
L’ARVA, la pelle et la sonde devrait faire
partie de l’équipement de base. Les sommets d’expés présentent souvent
des pentes de neige propices aux avalanches.
Pour les sommets subissant une période de mousson,
il peut être intéressant de regarder l’orientation des pentes et leur
capacité à transformer.
Un exemple de petite
pharmacie personnelle
Elastoplast + double peau ;
anti-diarrhéique ; antalgique ; aspirine ; doliprane ;
collyre ; médicament pour la gorge : Lysopaïne ; somnifère léger ;
antibiotique à spectre large ; Hydrochloronazone ou Micropur ; médicaments
personnels.
Attention : cette liste ne
remplace pas une boite de pharmacie complète pour le groupe. Chaque camp peut
aussi être pourvu d’une petite pharmacie collective.
Pour transporter ses
affaires et le matériel
Le traditionnel sac marin est peu pratique, préférer
un sac de voyage avec ouverture « plombier ». Une toile imperméable
et très résistante sera un gros avantage dans les marches d’approche
humides. On peut également ajouter un sac de riz par dessus afin de le protéger
(la phase de portage jusqu’au camp de base est souvent rude pour les sacs !)
et de ne pas attirer la convoitise.
Les bidons sont excellents dans des conditions
difficiles. Ils ne sont pas fragiles, totalement imperméables, on peut les
laisser dehors ce qui libère de la place dans les tentes, ils peuvent servir de
chaises… En revanche dans certains pays ils seront difficilement
transportables à dos d’hommes ou de yacks. Attention de ne pas trop les
charger !!! Le modèle 60 litres est le maximum à envisager.
En plus, en fonction de
l’expé
Couverture de survie, sacs
poubelles, casque, descendeur, mousquetons à vis, sangles, cordelette, poignée
autobloquante, bâtons télescopiques, flacon pour uriner, thermos, gourde,
couteau, cuillère, bol, briquet, rouleau de papier toilette, chaufferettes,
frontale et piles de rechange, walk man, jeu de carte, livres…
|