Il est 9 heures trente du matin
dimanche 11 juillet. Ludo, Pemba et Thomas sont au sommet du Gasherbrum
II, après 5 heures d’efforts intenses. La vue sur les sommets alentours
(dont le K2, le Broad Peak, les autres Gasherbrums etc..), ainsi que les
vallées de la Chine et de l’Inde toutes proches est extraordinaire. Le
temps est superbe, malgré le vent qui dépasse par moment les 50 km heure
sur ce sommet effilé. Ludo et Pemba, à eux deux, ont tracé l’intégralité
de l’itinéraire au dessus du camp 4, véritable exploit qui aura profité
à une dizaine d’autres alpinistes, dont le reste de l’équipe. Une heure
plus tard en effet, Christian parcourt à son tour l’arête finale, suivi
de Marco qui atteint ainsi son premier sommet de 8,000 mètres une demi
heure après. Quel succès ! Jean-Marc et BlaBla, pour leur part, sont
restés au camp 4 après une nuit bien difficile à 7,400 mètres
d’altitude. Les bourrasques de vent qui frappaient les tentes à trois
heures du matin les ont un peu refroidis- comme beaucoup des grimpeurs
présents à cette altitude, dont nos amis Suisses qui ont eux aussi
renoncé…
Le créneau était parfait : 5 jours de beau
temps, pas un de plus puisqu’il neigeait ce matin, et un passage entre des
épisodes venteux qui la veille encore nous aurait empêché de monter.
Beau succès d’équipe donc, qui aura vu Ludo et
Pemba faire une grande part du travail (fixation des cordes, traces dans la
neige profonde) pendant toute la durée de l’expédition, systématiquement soutenu
par chaque membre de l’équipe. Nous nous sommes chacun donnés à fond
individuellement : porter des cordes fixes, faire des bouts de trace entre les
camps, encourager chaque cordée en charge de la journée donnée. Ainsi, notre
équipe a clairement pris le leadership sur les autres groupes présents au camp
de base - les autres alpinistes étant bienheureux d’avoir un lièvre pour faire
tout le boulot…
Sommet de toutes les incertitudes aussi : nous
nous sommes battus jusqu’au bout, avons dû supporter plus d’une dizaine de jours
d’attente, tracer deux fois l’itinéraire… Au final, nous sommes montés 5 fois au
camp 1 (!), 3 fois aux camps 2 et 3, deux fois au camp 4. Bref, on a bien
analysé cet itinéraire, finalement technique et bien plus délicat que ce que
l’on entend d’habitude.
Ce fut donc une aventure
extraordinaire que nous sommes heureux d’avoir partagée avec vous chers
lecteurs. Une page se tourne, mais combien d’autres nous attendent encore !
Départ demain à l'aube pour trois jours de marche et la traversée
du Col Gondogoro à 5400m...