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Sur le plan géographique
Les cordillères,
massifs montagneux, s’étendent du sud au nord du pays sur l’axe de la
cordillère des Andes. Les deux principales Cordillères (Blanche et
Huayhuash)
sur le plan de l’Andinisme se situent dans le nord du pays et sont accessibles
depuis Huaraz, le Chamonix du Pérou situé à plus de 3000 mètres
d’altitude !
La Cordillère Blanche est sans doute la plus fréquentée car la plus proche de
Huaraz. Elle regroupe 300 sommets dont 27 dépassent les 6000. Point culminant
et plus haute cime du pays, le Huascaran, à 6768 mètres.
La Cordillère Huayhuash est plus sauvage, moins étendue mais également
superbe avec six sommets de plus de 6000m, dont Le Yerupaja 6634 m, second
sommet du Pérou.
Contrairement au Népal,
l’ascension de sommets au Pérou n’est pas soumise à autorisation. Il faut,
tout au plus, s’acquitter d’un droit d’entrée dans le parc national du
Huascaran.
Les temps d’accès, de l’ordre de la journée, sont très limités ;
une expédition au Pérou n’est donc pas tournée, en général, sur un
objectif unique.
L’altitude élevée impose une phase d’acclimatation qui permettra de découvrir
quelques vallées et de gravir des « petits » sommets aux alentours
de 5500 mètres.
En fonction de la durée du voyage, il sera ensuite aisé de se diriger sur des
objectifs plus techniques et/ou plus élevés.
Plusieurs
ouvrages de référence
-
-
Philippe Baud, « Les cordillères du Pérou
», aux éditions Glénat. Cet ouvrage, en français, anglais et espagnol décrit
100 ascensions et 40 trekkings dans les Cordillères Blanche et Huayhuash.
- John Rickert, "Yuraq Janka",
publié par "The Alpine Club of Canada", Banff, 1977, et "The
American Alpine Club", 1977. C'est le premier guide des escalades dans la
Cordillère Blanche. Ouvrage très sérieux en anglais.
- Très attendu, "Andes del Perú, Cordillera Blanca, Guía de
escaladas"de A. Gomez Bohorquez,
(en espagnol) qui devrait être publié sous peu
Organisation sur
place
-
- Partir avec seulement un billet d’avion et voir sur place :
c’est une bonne solution pour découvrir le Pérou plus en profondeur. Il faut
avoir l’habitude de voyager dans ce genre de pays et parler quelques mots
d’espagnol,
- Contacter une agence directement au Pérou et organiser son expé en
collaboration avec elle,
- Contacter
une agence française pour qu’elle organise l’ensemble de l’expé,
- Contacter
un Guide de Haute Montagne et bâtir le projet ensemble en se répartissant les
taches en fonction des connaissances de chacun.
Quelques idées
de treks
-
Santa Cruz – Llanganuco est un parcours classique qui s’effectue
entre 3 et 5 jours suivant les variantes empruntées.
-
Plus original mais également plus long (8 jours), le tour de l’Alpamayo ;
moyennant une petite organisation supplémentaire, il est possible d’enchaîner
sur l’ascension de l’Alpamayo (5947 m, la plus belle montagne du monde pour
certains) et du Quitaraju (6040 m).
-
Possible également et plus sauvage, le tour de la cordillère Huayhuash
(12 jours) qu’il est également possible de combiner avec l’ascension d’un
ou de plusieurs sommets.
Sommets
d’acclimatation
-
Sur trois à quatre jours, il est possible de faire une boucle en enchaînant
deux sommets de plus de 5000 mètres peu difficiles techniquement, l’Urus
(5420 m) et l’Ishinca (5530 m),
-
Un peu plus haut, le Pisco (5752 m) offre un belvédère magnifique…
Les principaux
sommets
Chaque amateur d’alpinisme (andinisme)
pourra trouver son bonheur dans les Cordillères Blanche et
Huayhuash : des
courses accessibles aux murs verticaux, des sommets relativement fréquentés
aux vallées « oubliées » avec, dans tous les cas, un bon repas au
retour à Huaraz…
Le Huascaran, 6768 m
Point culminant du pays (6768 m),
il se divise en un sommet Sud et un sommet Nord. Après une phase
d’acclimatation, l’ascension prend environ 6 jours. Trois camps sont nécessaires
sur la voie normale. Le camp de base se situe dans la végétation aux environ
de 4200 m (sentier), le camp 1 vers 5100 m au pied de pentes plus raides
(glacier sans difficulté) et le camp 2 à la Garganta (5900 m), col séparant
le Huascaran Sud et Nord.
La partie permettant de rejoindre
la Garganta est sans doute la plus technique (suivant les années, il faut
franchir un mur de glace à 85° sur quelques mètres) mais également la plus
exposée aux chutes de séracs.
La pente au dessus de la Garganta peut également s’avérer délicate
certaines années.
Ne pas hésiter à prendre des informations avant de se lancer dans
l’ascension.
A noter que le Huascaran Nord (accessible en une journée depuis la Garganta)
est moins fréquenté que le sommet Sud.
L’Alpamayo, 5947 m
Considérée par certains comme étant
la plus belle montagne du monde, cette pyramide est moins élevée mais plus
technique que le Huascaran.
Sur la voie normale, deux jours
sont nécessaires pour atteindre le camp de base (confortable dans une forêt)
au départ de Cashapampa. On établit généralement un camp 1 (5200 m, pente à
40° sur 100 mètres) sur un vaste plateau au pied de la pyramide sommitale. De
ce camp, le sommet s’atteint dans la journée par des pentes à 50°, descente
en rappel.
A noter que le Quitaraju (6040 m),
s’atteint en une journée à partir du camp 1.
Le Chopicalqui, 6345 m
Assez central, le Chopicalqui offre
une superbe vue sur les sommets de la Cordillère Blanche. Sa voie normale
(l’arête Sud-Ouest) demande 3 à 4 jours à partir de Huaraz par la Quebrada
de Llanganuco. On établit généralement un camp 1 au pied de l’arête,
l’ascension proprement dite comporte deux sections raides (50° et 60°).
Possible également mais plus
technique, la traversée du Chopicalqui de l’arête Nord-Ouest vers l’arête
Sud-Ouest (empruntée à la descente) est une superbe course d’arête. Pentes
raides (60°) et arêtes effilées constituent un superbe voyage en altitude…
Prévoir 3 jours pour cette traversée (montée et descente).
L’Artesonraju, 6025 m
La parfaite pyramide de neige et de
glace de l'Artesonraju est moins fréquentée que son proche rival Alpamayo. Par
la Quebrada Santa Cruz qui les sépare, on accède au versant nord de l'Artesonraju
par un cheminement glaciaire long et complexe, avec un camp sur le glacier.
Depuis la secrète vallée de Paron,
en bordure du Huandoy, on accède facilement au versant sud de la montagne. Une
piste carrossable mène à la retenue hydraulique que l'on contourne en rive
droite pour installer un camp confortable en haut de la moraine.
De là, l'ascension de la face
sud-ouest, skiée par Patrick Vallençant (800 m, 50° en moyenne et un mur
sommital plus raide) est possible dans la journée. Il est prudent de repérer
l'accès la veille pour éviter la trajectoire des chutes de séracs de la face
ouest. Descente : désescalade et / ou rappels sur pieux à neige (conseillé
pour le mur sommital).
La
Cordillère Huayhuash
Sur
le plan géographique
La Cordillère Huayhuash se situe à 110 kilomètres
au Sud de Huaraz ou à 360 kilomètres au Nord-Est de la capitale, Lima. Elle
est facilement accessible à partir de Huaraz, lieu idéal pour préparer son séjour
dans cette cordillère du Pérou.
Elle est plus sauvage et moins étendue que la Cordillère Blanche (Huascaran,
Alpamayo…) mais offre de multiples ascensions, pour la plupart difficiles.
Elle regroupe plusieurs sommets dont les plus connus :
- Yerupaja, 6634 mètres, point culminant et 2ème plus haut sommet
du Pérou,
- Suila Grande, 6356 mètres, montagne de renommée depuis le livre et plus récemment
le film de Joe Simpson, « la mort suspendue »,
- Sarapo, 6143 mètres,
- Jirishanca, 6126 mètres,
- Yerupaja Chico, 6121 mètres,
- Rasac, 6040 mètres,
- Rondoy, 5879 mètres.
Accès
Le plus simple est de rejoindre Huaraz depuis Lima
(une journée ou une nuit de bus). Huaraz est le dernier lieu pour faire ses
achats, la cordillère Huayhuash ne disposant pas de ville importante.
Période
De mai à septembre.
Organisation sur place
Il y a plusieurs manières d’organiser son expé :
- Partir
avec seulement un billet d’avion et voir sur place. Il est possible de louer
l’essentiel de l’équipement nécessaire à Huaraz.
- Contacter
une agence directement sur place et organiser son voyage en collaboration avec
elle.
- Contacter
une agence française pour qu’elle organise l’ensemble du voyage.
- Contacter
un Guide de Haute Montagne et bâtir le projet ensemble en se répartissant les
taches en fonction des connaissances de chacun.
Jusqu’au début des années 1990, cette Cordillère a été un haut lieu
d’action du Sentier Lumineux. Depuis, le tourisme a réintégré cette zone.
Un ouvrage de référence
-
Philippe Baud,
« Les cordillères du Pérou », aux éditions Glénat. Cet ouvrage, en
français, anglais et espagnol décrit 100 ascensions et 40 trekkings dans les
Cordillères Blanche et Huayhuash.
Trekking
dans la Cordillère Huayhuash
Le Tour complet de la Cordillère Huayhuash est
considéré comme le « sommet » des hautes routes Andines, de par sa
longueur, sa difficulté, son aspect sauvage, les villages et paysages traversés.
Il commence à Chiquian (3400 mètres d’altitude, accessible en bus depuis
Huaraz), la capitale locale. Le coût de la vie y est plus élevé qu’à
Huaraz en raison des difficultés d’approvisionnement.
Plus de 160 kilomètres en altitude permettent de côtoyer petits villages,
lagunes, sommets aux faces impressionnantes, chevaux sauvages…
Ce tour permet de franchir sept cols à plus de 4600 mètres d’altitude dont
le Punta Cuyoc, 4975 mètres, point culminant du circuit. Ces hauts passages
peuvent être enneigés en début et fin de saison.
Il est possible de louer les services de porteurs et guides à Chiquian, Llamac,
Pocpa et Pacllon.
L’ensemble de ce trekking est décrit en détail
dans le livre de Philipe Beaud (cf ci-dessus). A titre d’exemple, il est
possible d’effectuer les étapes suivantes :
- J1 : Chiquian – Llamac (3250 m), 7 heures
Quelques magasins à Llamac, possibilité de louer des mules.
- J2 : Laguna Mitacocha (4300 m), 9 heures
Longue étape qu’il est possible de scinder en deux.
NB : à Rondoy, possibilité de prendre sur la droite un chemin pour
franchir le col Gasha (4800 m), plus rapide mais non franchissable par des
mules. Beau campement près de la lagune au pied du Rondoy et du Jirishanca.
- J3 : Laguna Carhuacocha (4100 m), 4 heures
Passage d’un col à 4700 mètres. Beau campement près de la lagune au pied du
Yerupaja Chico et du Yerupaja.
- J4 : Huayhuash (4350 m), 4 heures
Passage d’un col à 4650 mètres.
- J5 : Laguna Viconga (4500 m), 4 heures
Passage d’un col à 4750 mètres. Présence de sources chaudes un peu plus au
Sud (30 minutes).
- J6 : Rio Huallapa (4000 m), 7 heures
Passage d’un col à 4975 mètres à la limite des glaciers.
- J7 : Laguna Sarapococha (4500 m) – Huayllapa (3600 m), 8 heures
Partie en aller – retour pour aller admirer les lagunes au pied du Sarapo et
de la Siula Grande.
- J8 : Laguna Jahuacocha (4050 m), 7 heures
Passage de deux cols à 4800 mètres.
- J9 : Llamac, 4 heures
Passage d’un col à 4300 mètres.
- J10 : Chiquian, 7 heures
Ce trek peut s’effectuer en dix à quinze jours
suivant la longueur des étapes choisies. Il peut se faire en autonomie totale,
les sacs seront alors lourds, peu de ravitaillement sur place. A noter que si
vous choisissez cette option, il est facile de louer ponctuellement des mules
dans les villages pour franchir un col.
De nombreuses agences organisent ce tour avec toute la logistique.
Ascensions dans la Cordillère
Huayhuash
La Cordillère Huayhuash regroupe une douzaine de
sommets principaux dont les ascensions sont, dans l’ensemble, difficiles. Les
montagnes ressemblent à celles de la Cordillère Blanche, les sommets étant en
général d’altitude inférieure mais techniquement moins faciles.
Pour l’accès aux différents sommets, se reporter au trek décrit précédemment.
- Yerupaja, 6634 mètres
Point culminant de cette Cordillère, le Yerupaja a
été gravi pour la première fois en 1950 par une équipe de l’université de
Harvard menée par Jim Maxwell et Dave Harrah. Il faut ensuite attendre seize
années avant la deuxième ascension par Jorge Peterek et le Canadien Leif
Patterson (même itinéraire).
Cette même année, deux futurs spécialistes de la très haute altitude,
Reinhold Messner et Peter Habeler, ouvrent un itinéraire sur la face Est encore
vierge et réalisent, par ailleurs, la première ascension du Yerupaja Chico
(6121 mètres).
Comme la plupart des sommets de la Cordillère Huayhuash, le Yerupaja ressemble
à un mur presque vertical de roche et de glace, « d’ice flutes »
et d’une arête sommitale très effilée. L’ensemble de ces défenses
naturelles combinées à la haute altitude font du Yerupaja un sommet qui connaît
peu d’ascensions victorieuses…
Face Ouest et arête Sud-Ouest (voie normale)
Accès par la lagune Jahuacocha puis la lagune Solteracocha.
Cotation : D, pentes à 60°, 12 heures. Pentes de neige jusqu’à 60° pour
atteindre le sommet Sud, suivies par une traversée sur l’arête Sud-Ouest
pour atteindre le sommet principal. A noter que l’arête peut être cornichée
et la présence de crevasses dont le franchissement nécessite de l’escalade
verticale. Descente par le même itinéraire (rappels).
Face Ouest directe
Accès par la lagune Jahuacocha puis la lagune Solteracocha.
Pentes entre 55° et 65°. L’escalade de la face se fait
directement sur le côté Nord du sommet principal.
Face Sud
1300 mètres, 47 longueurs, première ascension en 1977 par Al Rouse et Rab
Carrington.
Lors de leur ascension de 1977, la cordée a enchaîné 47 longueurs sur des
pentes de neige / glace à 55° avec des passages de mixtes difficiles (un
bivouac dans la face et un au sommet). Descente par la voie normale.
Pendant cette même année, les deux grimpeurs ont ouverts la face Ouest du
Rondoy et la face Sud du Rasac.
Arête Nord-Est
Accès à partir de la lagune Carhuacocha.
Première ascension en juillet 1968 par P.Dix et C.Jones.
Voie cotée : 1150 m, 50°/65°, III.
Arête Nord-Ouest du Yerupaja Nord (6430 mètres)
Première ascension en juin 1968 par Roger Bates et
Graham Dingle (Nouvelle-Zélande) qui ne continuèrent pas jusqu’au sommet
principal.
En 1979, les grimpeurs Anglais Dick
Renshaw and Dave Wilkinson reprennent l’itinéraire des Néo-Zélandais et
continuent jusqu’au sommet principal en deux jours et demi (descente par la
voie normale).
L’itinéraire est côté TD / TD+.
- Suila Grande, 6356 mètres
Face Nord
Accès à partir de la lagune Carhuacocha.
La première ascension de la Siula Grande date de 1936 par les Allemands Arnold Awerzger et Erwin Schneider. Ils empruntèrent
l’arête Nord (apparemment très peu répétée) qui a été côté TD / TD+
(800 m, 55°, III)
Le sommet satellite « Siula Chico, 6080 mètres » n’aurait été
gravi qu’une seule fois par l’arête le reliant au sommet principal.
Les autres versants offrent des voies très difficiles, qu’il
s’agisse de la face Ouest haute de 1000 mètres ou de la face Est, 900 mètres.
Face
Ouest
Accès par la lagune Sarapococha
Première ascension par la célèbre cordée Joe Simpson et Simon Yates en 1985.
Cette face était considérée, à l’époque, comme un des problèmes majeurs
de la Cordillère Huayhuash, son ascension a été un très bel exploit.
Après avoir atteint le sommet le 7 juin avec deux bivouacs dans la face, la
cordée se lança dans la descente complexe et difficile de l’arête Nord.
Simpson fit alors une chute à l’origine de la fameuse histoire décrite dans
la livre « la mort suspendue »…
Plus récemment, les grimpeurs Slovènes Viktor
Mlinar, Matic Jost et Thomas Zerovnik et le Basque Aritza Monasterio ont ouvert
un nouvel itinéraire sur cette face Ouest. La voie, baptisée «
Noches de Juerga », part bien à gauche par rapport à l’itinéraire
original et à été côtée : 1000 mètres, 27 longueurs, 60-90° et mixte
écossais grade 6.
Face Nord-Est
Accès par la lagune Carhuacocha
Ouverture récente de “Los rapidos” par les
grimpeurs Slovènes Marjan
Kovac et Pavle Kozjek et le Basque Aritza
Monasterio (ED, 1000 mètres), négociée en quinze heures aller / retour…
La ligne suit le centre de la face en évitant la barre horizontale de rochers.
La partie la plus technique se situe dans les 150 derniers mètres, seul endroit
où la cordée a tiré des longueurs. Descente par le même itinéraire en
rappel.
- Sarapo, 6143 mètres
Face Est
Accès à partir de la lagune Quesillococha située au dessus de la lagune
Carhuacocha.
La première ascension date de juillet 1954 par les Autrichiens Bachmann et
Lugmayer.
Un autre tracé, situé un peu plus au Nord, a été ouvert en 1974 (850 m, 50°/65°).
Plus récemment, les Canadiens Jay
Burbee et Jeremy Frimer et l’Allemand Michel van der Spek ont ouvert un nouvel
itinéraire au milieu de la partie gauche de la face Est pour atteindre l’arête
Sud-Est (pentes à 45°/50° avec un passage à 60° pour rejoindre l’arête).
Parcours d’arête cornichée et passage raide pour franchir une crevasse avant
d’atteindre le sommet.
- Jirishanca, 6126 mètres
Avec sa forme pyramidale, le Jirishanca est connu
sous le nom de « Cervin des Andes ».
Face Est
Accès par la lagune Carhuacocha.
La première ascension date de juillet 1957 par une équipe Autrichienne (Toni
Egger, Herbert Raditschnig et Siegfried Jungmeir) sur la face Est.
Après avoir surmontés de grosses difficultés, Egger
et Raditschnig furent contraint de redescendre à deux cent mètres sous le
sommet. Egger y retourna avec Jungmeir pour atteindre le sommet en six longueurs
supplémentaires.
Leur ligne suit le très raide éperon de neige et de rocher qui forme le
côté droit de la face et finit sur la crête sommitale.
Face Ouest
Accès par la lagune Jahuacocha puis la lagune Solteracocha.
Première ascension menée par Riccardo Cassin en 1969 : 750 mètres, 60°/70°
neige et glace et IV+ en rocher.
Face Sud-Ouest
Accès par la lagune Jahuacocha puis la lagune Solteracocha.
60°/65°, 800 mètres
- Rasac, 6040 mètres
Accès par la lagune Jahuacocha puis la lagune
Solteracocha.
C’est sans doute le 6000 le plus facile de la Cordillère Huayhuash.
Sa première ascension date de 1936 par Schneider.
La voie normale est cotée : 400 mètres, 40°/50° en neige et glace et II+
en rocher.
- Rondoy, 5879 mètres
En 1961, Walter Bonatti et Andrea Oggioni parviennent
au sommet du Rondoy Nord mais ne peuvent traverser sur le sommet central. Une
semaine à peine après leur retour, ils partent pour la célèbre aventure du
Pilier Central du Frêney.
Deux ans plus tard, des grimpeurs britanniques atteignent la pointe Nord par la
face Nord-Ouest puis parviennent au sommet principal par une traversée très délicate
sur une arête cornichée…
- Trapecio, 5653 mètres
Accès à partir du hameau
« Huayhuash ».
Première réalisée par les Autrichiens Krenmayr and Raditschnig en 1957 par la
face Nord-Est.
Voie cotée : 1300 m, 30°/45°.
Plus récemment, les Français Francois Baroux, Frédéric Bréhé, Pierre Plaze
et Christophe Vigne ont ouvert un nouvel itinéraire sans atteindre le sommet en
face Sud « Rouflaquette Nationale », TD+, 5+.
Le crux est une superbe goulotte à 5400 mètres, longueur en 5+.
En dépit de plusieurs tentatives, il semble que l’ascension de la face Sud
jusqu’au sommet n’ait jamais été réalisée.
-
Puscanturpa Norte, 5652 mètres
Ce
sommet a été gravi pour la première fois en 1954 par une équipe Autrichienne
sur la face Nord-Est.
En 1975, une équipe Italienne menée par Graziano Bianchi ouvre une route sur
la partie droite de la face Nord-Ouest.
La troisième ascension date de 1981, à nouveau par des Italiens. La ligne
ouverte se situe sur la face Nord, rocher en III et IV, suivi de 11 longueurs en
V et VI avec une longueur d’A2 puis 100 mètres plus faciles en neige. Cette
ligne a peut-être été répétée en 1983 par Jeff Lowe en solo qui pensait
ouvrir un nouvel itinéraire : six heures seulement pour gravir le sommet
à partir de la partie difficile…
Les Français Xavier Baudet, Lionel Daudet et François Lombard ont ouvert un
itinéraire entièrement rocheux sur le versant Nord-Ouest (700 à 800 mètres
d’escalade).
- Puscanturpa Sud, 5550
mètres
La première ascension de
ce sommet par sa face Ouest et son arête Sud date de 1963 par Baltazar et
Hensler. Voie cotée : 500 m, 30°/45°.
Jurau (5647 mètres)
Accès : à partir du
hameau « Carnicero » près de la lagune Huaracacocha
Arête Sud-Est : 950 mètres, rocher III et IV, neige.
Ninashanca (5637 mètres)
Accès : à partir de
la lagune Mitucocha.
Une voie abordable sur le versant Nord-Est : 700 mètres, 45°, III
Phénomènes observables au Pérou
El Nino
Ce nom a été donné il y a déjà longtemps par les Péruviens pour décrire
le réchauffement temporaire de la surface de l’océan qui apparaît chaque
année au moment de Noël.
Plus récemment, il a été repris par les scientifiques pour caractériser des
années exceptionnelles pendant lesquelles ce phénomène de réchauffement est
plus marqué.
Ces années de « Nino » ont pour conséquence d’intenses précipitations
venant de l’Ouest que ne peuvent absorber les côtes arides du Pérou et qui débouchent
sur des inondations lourdes de conséquences.
La Cordillère des Andes, située à une centaine de kilomètres de la côte
seulement, n’est pas affectée par ces excès de précipitations. Subissant
principalement des vents d’Est, elle reçoit les pluies venant de la zone
amazonienne. Les années de « Nino », les importantes masses d’air
venant de l’Ouest freinent celles de l’Est : il en résulte une baisse
considérable des précipitations sur la Cordillère.
Le déficit de précipitations sous forme de neige se ressent très rapidement
sur les glaciers : la glace apparaît plus rapidement à la surface et
absorbe les rayonnements solaires au lieu de les réfléchir lorsque la glacier
est recouvert de neige. Les années de « Nino », le recul de
certains glaciers peut alors atteindre 40 mètres par an !
Entre 1999 et 2001, le phénomène « Nino » s’est inversé (on
appelle ces années « Nina ») : on a noté à nouveau plus de
précipitations sur la Cordillère des Andes. Depuis, la situation évolue entre
ces deux extrêmes…
Les Pénitents
Les pénitents sont des lames de neige / glace pointées vers le ciel dont la
dimension peut atteindre une hauteur d’homme. Sympathiques à observer, ils
peuvent se transformer en véritable galère lorsqu’il faut les traverser…
Leur formation est conditionnée par la combinaison de trois facteurs :
rayonnement solaire intense, absence de précipitation pendant plusieurs
semaines et fonte limitée. On les trouve donc principalement à une altitude élevée
dans les zones tropicales des Andes ou de l’Himalaya.
La surface neigeuse présente toujours des hétérogénéités ; elle va
donc absorber de manière différente les radiations solaires. Rapidement, les
zones les plus exposées aux rayonnements vont fondre et former des creux.
Ceux-ci vont capter les poussières transportées par le vent tout en subissant
toujours de fortes radiations et vont donc s’accentuer. Parallèlement, les
bosses restent « propres » et blanches et réfléchissent mieux les
rayonnements solaires, d’où une fonte limitée.
A ce stade, le développement des pénitents est dû à deux phénomènes :
sublimation de la glace (passage de l’état solide directement à l’état
gazeux) au niveau des crêtes sous l’action du vent et fonte au niveau des
creux (la saturation en humidité à ce niveau bloque la sublimation).
La sublimation de la glace nécessitant huit fois plus d’énergie que la
fonte, il en résulte un « grandissement » (en fait une fonte à la
base) très rapide des pénitents qui peuvent croître de plusieurs centimètres
par jour…
Ce processus prendra fin à la suite d’une chute de neige importante ou
lorsque l’eau de fonte qui
ruisselle au pied des pénitents deviendra trop abondante.
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