Calendrier

Expérience

Nouveautés

Recherche

Partenaires

EXPES.com

                              le rêve devient réalité...
 

   
   

 

Shisha Pangma

Programmes
Expéditions

Film
Télécharger le film de l'expé

 

Expédition Shisha-Pangma - 4 octobre
Témoignage de fin d'expé


        

Calendrier de l'expé
Cliquer sur la date souhaitée

SEPTEMBRE
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
OCTOBRE
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

 

   

Don't be frustrated. Vive la vie !

"Après une extraordinaire période de beau temps propice aux ambitions les plus grandes, une acclimatation quasi parfaite, la grande roue de la fortune a tourné alors que nous nous apprêtions tous à concrétiser nos rêves les plus fous en franchissant la dernière marche du sommet du Shisha. Une forte dépression venteuse et neigeuse non prévue la veille et le jour du sommet nous a forcée à prendre la seule et vraie décision qui vaille, c'est à dire renoncer. D'aucuns y voient la manifestation d'un échec difficile à accepter, déplorent un destin injuste. J'y vois pour ma part la noblesse d'un acte d'une parfaite lucidité, qui place la vie au dessus de tout. La montagne m'a réservé des moments exceptionnels de félicité, de communion transcendantale, de franche camaraderie, de solidarité intense avec l'admirable peuple Sherpa.

C'est de cela dont il faut se souvenir, c'est cela qu'il faut magnifier autour de nous avec amour, bonté et générosité. La montagne est belle et envoûtante. Elle le restera.

De retour sur le plancher des vaches, essayons de vivre à son image de pureté intense et de noblesse éternelle : des vertus universelles qui donnent à la vie tout son sens par dessus tout.

A tous ceux que j'aime et qui me le rendent bien."

Gérard, le yéti sage de Bourg en Bresse.

 

"Peut-on restituer fidèlement en quelques pauvres mots ce que l'on a vu et vécu, quand de retour au camp de base, on parle peu, mais on a dans la pupille mille éclats qui en disent long sur l'expérience vécue là haut ?

Réveil matinal au camp 2 : froid antarctique, fin grésil neigeux qui s'infiltre partout, bise qui cingle dès que l'on met le nez dehors. Se préparer pour monter encore plus haut. La combe du Shisha est longue mais peu pentue. La neige est tombée en abondance ces 48 dernières heures, et il faut beaucoup brasser pour faire un pas. La pente se redresse sensiblement et vers 7100m apparaît le redouté mur de 300m qui mène au camp 3. Des cordes fixes nous attendent - on dirait qu'elles se moquent ! Agrippés comme des marionnettes sur un fil ténu, l'effort est intense. Las, le froid est vif et de la glace se forme sur la poignée jumar. Les petites dents de métal n'accrochent plus la corde. Une glissade de vingt mètres et tout est à recommencer. Le rocher à côté de moi ressemble à une  grosse tête de saurien antédiluvien. Il me décroche un sourire grimaçant :"Bonne chance !". Je bricole avec mon tibloc et un mousqueton, un semblant de poignée autobloquante. Ça marche. Chaque mètre avalé est une victoire sur les éléments et sur soi-même. Les petits ressauts rocheux qu'il faut passer en équilibre sont conquis au prix d'efforts de souffle et de patience. Les crampons grincent sur la pierre, la neige rentre dans les gants, on prie pour que la réparation de fortune tienne le coup.

Le camp 3 à 7430m est posé en équilibre sur un replat, à l'ombre d'une grande pyramide de roches, décorée de rubans à prières. La bise incessante secoue notre pauvre havre sans discontinuer, s'évertuant à vouloir arracher chaque hauban des minuscules tentes. Et puis c'est la nuit qui tombe sur un décor dantesque. Une grosse lune rigolarde nous observe et pose sur le camp une lumière diaphane. Là haut, le Shisha domine, géant de 8013m, regardant notre petite agitation humaine. Son arrête sommitale brille sous la lune.

Après quelques miettes pour dîner (l'appétit n'y est pas), on se "chrysalide" chacun dans son duvet, l'oreille aux aguets, l'esprit mortifié par le bruit du vent en tempête et la neige qui fouette la toile de notre frêle abris. Les heures passent, longues et stériles, sans vrai sommeil. La furie extérieur ne s'apaise point. Vers 3h du matin, deux courageux tentent bien une sortie pour conquérir les presque 600m qui nous dominent. Trop de vent, trop de neige, trop de froid, trop d'inhumanité, trop de risques objectifs pouvant compromettre le retour. Cependant, un sherpa glisse une bouteille d'oxygène et un masque dans la tente. Confusions ! Ira-t-on alors ?

Pas de sommet ! les mantras psalmodiées pendant la puja n'ont sans doute pas été suffisantes. Obtenir la complaisance des dieux n'est finalement pas chose facile. Les humains abdiquent.

Pas de sommet ? vraiment ? et les cinq semaines vécues au Tibet pendant la phase d'acclimatation ? Ça compte pour du beurre (de yack) ?

Mon Shisha s'est constitué patiemment de mille et unes petites choses, qui en font - in fine - une très belle réussite : le survol de grands 8000 et le bonheur d'aller toucher la base du plus haut; le lever de lune sur la masse envoûtante du Potala; la découverte du peuple tibétain dans sa vie quotidienne et sa foi fervente dans les monastères; le peuple sherpa dans son incommensurable robustesse; les volutes de genévrier consumé lors de la puja, qui emmènent aux dieux nos prières de clémence; le bleu translucide des séracs en équilibre; les petits lemmings qui batifolent sur les posines glacières;  la procession quasi immobile des grands pénitents dans leurs tuniques éclatantes de blancheur; le ronflement du réchaud qui peine à faire fondre une neige pulvérulente; la patience et l'abnégation requise pour monter d'un camp à l'autre; le partage de repas et d'idées dans une franche camaraderie; le long retour direct du camp 3 au camp de base, cassé sous le poids du sac; deux nuits à 6900m et une à 7400m pour tenter d'approcher le monde de l'oxygène rare; une marche sur les crêtes, quasi contemplative, dominant les hauts plateaux et faisant directement face à "la montagne au dessus des plaines", royale et sublime de beauté dans les couleurs du soir ...

C'est tout ça mon Shisha, et plein d'autres choses encore ...

Il est des sommets qui se réalisent et d'autres qui se rêvent. Le Shisha tombe sans doute dans cette dernière catégorie. Et j'aime à penser qu'il gardera à jamais sa grande part de mystères. Ni lui, ni moi n'avons tout dévoilé à l'autre. Et c'est pas mal comme ça !

Merci à ma famille et mes amis chers pour leur support. Greetings to all my overseas friends."

Marc


Dans la montée au camp 3


Marc vers 7100m


Fabrice et Fred au camp 3


Fred vers 7500m lors de la tentative sommet


Descente entre camp 3 et camp 2


Trace à plus de 7000m...

Jour précédent

Jour suivant

 


Expés.com - Chamonix - France - Tél : +33 683 488 733. Contact email
www.expes.com - Copyright 2000-2011