Réflexions lors
de la descente vers le Camp de base route:
Tourner le dos au
Shisha Pangma procure ce matin des sentiments étranges et contrastés.
Nous marchons dans
les steppes immenses propices à la réflexion et pour ma part à l'humilité.
Le Shisha s'est
couvert de nuages semblant indiquer la fin de la représentation et quelques
flocons nous poussent vers la chaleur de nos foyers.
Nous marchons d'un
pas alerte vers ceux que nous aimons et que nous avons sciemment délaissés
pendant ce périple dans les hautes altitudes pour poursuivre notre cheminement
personnel.
Nous marchons vers
le simple confort d'une douche mais aussi à regret vers le monde de
l'information délaissée depuis quelques semaines.
Nous marchons à
l'encontre de l'objectif que nous avons poursuivi pendant de longues semaines et
pour lequel nous et nos proches avons consacré tant d'énergie.
Ici au Tibet c'est
la montagne qui a la liberté de nous accepter ou de chinoiser à son gré.
Le Shisha nous a
laissé côtoyer ses flancs et approcher son sommet sans l'atteindre.
L'homme ne peut
"conquérir" la montagne. C'est elle qui choisi.
Merci Shisha Pangma
de nous avoir ouvert tes pentes et de nous avoir relâchés de tes pattes de
velours qui cachent des griffes parfois acérées.