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Expédition Ski exploration en Péninsule Antarctique
9 janvier - Perturbations   Résurrection


  

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Autant le dire d'emblée : notre silence de ces derniers jours est dû essentiellement à celui qui nous guide sinon sur mer, tout au moins à terre. Celui qui, également, détient les clés de la machine à vous informer. Il était donc, le bougre, bigrement HS. KO, dodo, au mieux somnolent, mais toujours à l'horizontale.


En vert, notre parcours...

Tandis que nous vous écrivons, latitude 64°07 S, longitude 62°13 O, la Péninsule Antarctique face à nous, l'île de Brabant à tribord, des icebergs tout autour du vaillant, solide, fiable, Podorange, et nous tous sous un incroyable soleil, autour du guacamole de la résurrection, les trois derniers jours que nous venons de vivre ne sont pas encore tout à fait oubliés. Et ces trois jours furent de ceux qui comptent chacun pour dix. Après avoir quitté, bien toilé un ris de pris, Ushuaia et le plateau continental, sous 22 nœuds de vent, atteint le passage de Drake après une étonnante pétole qui a duré six heures et qui nous a contraint au moteur, la suite fut une toute autre affaire.

Brice, notre jeune skipper aussi rayonnant que charismatique et pédagogue, avait constitué les quarts : trois quarts de trois, chaque quart de trois heures chacun. Aucune différence ne fut faite entre les débutants, les amateurs avertis (genre Alwin qui fut équipier durant une Whitbread et demi) et les pros. Tous à la manœuvre. Lorsque les 35 nœuds de vent, avec des rafales à 40/45, furent atteint, notre affaire prit une tournure pour le moins sérieuse. Pas pour Podorange, impeccable, droit dans ses bottes, allant vaillamment ses dix nœuds. Mais pour nous ce fut rude. Avons-nous dormi, nous sommes-nous seulement sustentés, quel jour étions-nous, était-ce le jour ou la nuit ? De la flotte plein la tronche, et cette barre qui vous file entre les mains engourdies puis gelées et trempées, et ce p... de cap que certains ont bien du mal à tenir, puis vite on file sur sa bannette, après s'être à grand peine défait de ses lourds vêtements imprégnés de mer. Et puis, on vient te chercher déjà, c'est à nouveau ton tour de quart, et merde...

Les îles Shetland passées, Smith Island, gigantesque masse de glace imprenable dont le sommet culmine à plus de 3000 m, aperçue ce matin (était-ce bien ce matin...), la péninsule n'était alors plus très loin.

Pour ceux qui connaissent sans doute la mer, rien que du banal... Pour nous ce fut une aventure dans l'aventure, une aventure que nous n'avions pas prévue vraiment. Nous savions que nous aurions à donner un coup de mains, nous ignorions que nous serions intégré à l'équipage. Ce vent fort vent d'Est, plutôt inhabituel, cette mer formée, ce froid, ces 680 miles parcourus en 3 jours et 6 heures, nous ont mis certes nos nerfs à dure épreuve, mais ont soudé les équipes mer-terre-bateau qui n'en font plus qu'une.

Le soleil est là, la mer est calme, le spectacle grandiose, qui peut imaginer qu'il y a encore à peine quelques heures nous étions dans les soixantième hurlants. Dans notre cabine, les sons amplifiés donnaient l'impression d'être dans un manège de montagnes russes et les tours de manège jamais ne finissaient. On aurait aimé dire stop, je ne joue plus, mais dans un vacarme de train à allure incontrôlée, on repartait pour un tour, puis un autre...

Déjà le zodiac est à l'eau, la recherche du terrain le plus propice au premier spot de débarquement recherché, pour tenter le Mont Parry, 2520 m d'altitude. Une autre histoire va commencer. Tout le monde a repris ses esprits, tout le monde a faim. Il nous tardait de vous le dire.


S'accrocher à la barre pour tenter de conserver son cap !


On s'y repose avec délices


Notre compagnon de traversée : l'Albatros


Elucubrations d'architecte génial


Tapis de grolers


Capharnaüm de séracs


 


Premières reconnaissances


Nous attendions de les rencontrer. Eux aussi peut-être ?


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