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Calendrier de l'expé
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Autant le dire d'emblée : notre silence de ces derniers jours est dû
essentiellement à celui qui nous guide sinon sur mer, tout au moins à terre.
Celui qui, également, détient les clés de la machine à vous informer. Il était
donc, le bougre, bigrement HS. KO, dodo, au mieux somnolent, mais toujours à
l'horizontale.

En vert, notre parcours...
Tandis que nous vous écrivons,
latitude 64°07 S, longitude 62°13 O, la Péninsule Antarctique face à nous, l'île de
Brabant à tribord, des icebergs tout autour du vaillant, solide, fiable, Podorange,
et nous tous sous un incroyable soleil, autour du guacamole de la résurrection,
les trois derniers jours que nous venons de vivre ne sont pas encore tout à fait
oubliés. Et ces trois jours furent de ceux qui comptent chacun pour dix. Après
avoir quitté, bien toilé un ris de pris, Ushuaia et le plateau continental, sous
22 nœuds de
vent, atteint le passage de Drake après une étonnante pétole qui a duré six
heures et qui nous a contraint au moteur, la suite fut une toute autre affaire.
Brice, notre jeune skipper aussi rayonnant que charismatique et pédagogue, avait constitué les quarts : trois quarts de trois,
chaque quart de trois heures chacun. Aucune différence ne fut faite entre les
débutants, les amateurs avertis (genre Alwin qui fut équipier durant une
Whitbread et demi) et les pros. Tous à la manœuvre. Lorsque les 35 nœuds de
vent, avec des rafales à 40/45, furent atteint, notre affaire prit une tournure
pour le moins sérieuse. Pas pour Podorange, impeccable, droit dans ses bottes,
allant vaillamment ses dix nœuds. Mais pour nous ce fut rude. Avons-nous dormi,
nous sommes-nous seulement sustentés, quel jour étions-nous, était-ce le jour ou
la nuit ? De la flotte plein la tronche, et cette barre qui vous file entre les
mains engourdies puis gelées et trempées, et ce p... de cap que certains ont
bien du mal à tenir, puis vite on file sur sa bannette, après s'être à grand
peine défait de ses lourds vêtements imprégnés de mer. Et puis, on vient te
chercher déjà, c'est à nouveau ton tour de quart, et merde...
Les îles Shetland passées, Smith
Island, gigantesque masse de glace imprenable dont le sommet culmine à plus de
3000 m, aperçue ce matin (était-ce bien ce matin...), la péninsule n'était alors
plus très loin.
Pour ceux qui connaissent sans doute
la mer, rien que du banal... Pour nous ce fut
une aventure dans l'aventure, une aventure que nous n'avions pas prévue vraiment.
Nous savions que nous aurions à donner un coup de mains, nous ignorions que nous
serions intégré à l'équipage. Ce vent fort vent d'Est, plutôt inhabituel, cette mer formée, ce
froid, ces 680 miles parcourus en 3 jours et 6 heures, nous ont mis certes nos nerfs à dure épreuve, mais ont soudé les équipes
mer-terre-bateau qui n'en font plus qu'une.
Le soleil est là, la mer est calme,
le spectacle grandiose, qui peut imaginer qu'il y a encore à peine quelques
heures nous étions dans les soixantième hurlants. Dans notre cabine, les sons amplifiés donnaient l'impression d'être dans
un manège de montagnes russes et les tours de manège jamais ne finissaient. On aurait aimé dire stop,
je ne joue plus, mais dans un vacarme de train à allure incontrôlée, on
repartait pour un tour, puis un autre...
Déjà le zodiac est à l'eau, la
recherche du terrain le plus propice au premier spot de débarquement recherché,
pour tenter le Mont Parry,
2520 m d'altitude. Une autre histoire va commencer. Tout le monde a repris ses
esprits, tout le monde a faim. Il nous tardait de vous le dire.


S'accrocher à la barre pour tenter de conserver son cap !

On s'y repose avec délices

Notre compagnon de traversée : l'Albatros

Elucubrations d'architecte génial

Tapis de grolers

Capharnaüm de séracs


Premières reconnaissances

Nous attendions de les rencontrer. Eux aussi peut-être ?
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