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Expédition Ski exploration en Péninsule Antarctique

19 janvier - Coup de feu !


  

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Nous voici arrivés à notre position la plus au Sud de notre parcours (ne jamais oublier que nous sommes dans l’autre hémisphère), précisément à la base ukrainienne Vernadsky, située dans les Îles argentines : 65°14.827 Sud  64°14.997 Ouest. Pour 1 £ symbolique, les anglais ont cédé il y a quelques années cette base aux Ukrainiens, au terme sans doute d’un marchandage diplomatique dont nous ne connaissons que ce que nous voyons ici, qui d’ailleurs manque singulièrement de charme.

Nous devions accomplir un bien joli parcours à ski, mais une nouvelle fois, la météo nous en a empêché, aussi avons-nous décidé d’en accomplir un autre, sous foc (yankee), pluie-neige et fort vent arrière, l’usage de la grand voile bien tentante étant abandonnée afin d’être en mesure d’affaler très rapidement la toile en cas de rencontre subite avec un iceberg non identifié suffisamment à temps. Il faut ici rappeler les accidents nombreux et pour certains récents survenus à des navires autrement plus conséquents que le nôtre. La cause en est soit la chute de tranches entières de glaciers, tandis que le bateau frôle ceux-ci la en quête de spectacle pour les passagers, ou la rencontre malencontreuse avec un iceberg. Nous filons malgré tout gaillardement 8 à 9 nœuds malgré le manque de toile.

Nous passons le canal Peltier, puis le canal Lemaire, musardons dans la baie Girard en quête des photos animalières du jour, impossible vraiment d’être blasés ! Le jet d’eau pulvérisé d’une baleine nous émeut toujours autant ! L’horrible tête des léopards des neiges nous laisse comme fascinés.

Nous déjeunons confortablement, installés dans le carré, d’une salade de choux rouges et d’une tourte aux pommes de terre et lardons, fromages argentins, oranges, eau claire, puis nous continuons notre navigation au moteur car le vent, à l’approche du Cap Renard, faiblit. Voilà qui est excellent pour la sieste à laquelle s’adonnent les plus fragiles d’entre nous…

Vers dix sept heures la base Vernadsky est en vue, un cruise ship (navire de croisière) également qui va se délester dans quelques instants de ses quelques dizaines de passagers afin que ceux-ci visitent la base, forcément qualifiée de scientifique. C’est de cette base, lorsqu’elle était encore anglaise, que furent rassemblées les premières preuves scientifiques de la diminution de la couche d’ozone. Pour ce qui nous concerne les seules preuves scientifiques de cette triste réalité sont à constater sur nos pifs plutôt rouges, pour certains tout au moins, et ce en dépit de l’absence totale de soleil !

Nous préparons nos pulkas en prévision d’une randonnée sur le continent qui doit durer trois jours et que nous entamerons après demain, les conditions météo que notre routeur nous a transmises semblant encourageantes. Demain nous affûterons notre condition physique en gravissant une pente raide, mais d’un dénivelé raisonnable, repérée dans le courant de notre navigation et proche d’ici.

Au moment où nous vous relatons nos faits et gestes, terrible coup de feu dans la cuisine, le capitaine se prend pour un chef, le chef en titre est relégué au grade de saucier, le saucier est dans le pétrin (notre stock de pain est désormais épuisé), le sommelier est déjà fin cuit, il est grand temps de passer à table ! Il faut vous dire que nous avons modestement goûté, tels des enfants, d’un chocolat chaud Van Houten, de petits gâteaux plus difficilement identifiables mais consommés alors que le paquet n’est pas même déjà ouvert et qu’un autre est immédiatement sorti d’un coffre dont on ignorait jusqu’ici l’existence. Il n’est donc pas étonnant, dans ces conditions, que nous soyons déjà et à nouveau tenaillés par la faim. Demain les Ukrainiens nous invitent sur leur base et sans doute s’occuperont-ils de nos soifs !

PS : si nous ne sommes pas toujours ponctuels dans nos transmissions c’est qu’il ne nous est pas toujours possible de capter le satellite Inmarsat, qui gravitant autour de l’équateur, est bien éloigné de notre position géographique.


Slalomer entre tous ces obstacles majestueux autant que dangereux


L'heure de la sieste pour eux aussi


Cruise ship rasant les séracs...


...parfois instables !


Accueil style Playboy ou victoire ukrainienne ?


Activité fébrile pour préparer les pulkas


Ducasse n'a qu'à bien se tenir...
  

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