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Grand beau tout
à coup sur le Drake, vent d’à peine 10 nœuds venant du sud ouest, la
navigation tout à coup se détend et nous venons de tenter dans ces
conditions assez irréelles de vous transmettre, une fois encore, le
récit de notre équipée à skis, pourtant aussitôt terminée aussitôt
relatée. Quelle ne fut pas notre déception, et peut être la vôtre,
devant l’impossibilité de vous le transmettre en temps sinon réel tout
au moins raisonnable. Nous fumes, tout au moins c’est ce que nous
pensions, trahis par la technique.
Aussi avons-nous largué
les amarres de la base américaine Palmer, située sur l’île d’Anvers, bien dépité
par cette déconvenue, mais le calendrier nous imposait d’entamer sans tarder
notre retour, sans avoir pu résoudre les problèmes de transmission.
Nous avons donc longé
les côtes de l’île d’Anvers, non sans avoir effectué les repérages qui
s’imposent afin de mieux préparer l’ascension du Mont Français et sa traversée
éventuelle d’Ouest en Est, une prochaine année…, ni sans s’extasier devant
quelques icebergs à la masse aussi impressionnante que l’irréelle beauté.
Tandis que nous
naviguions encore au moteur, nous avons effectué de nouvelles tentatives de
transmission qui se sont toutes révélées infructueuses. Puis le plateau
continental s’est éloigné et le vent s’est rapproché et sa prégnance est devenue
ce qu’elle devait être : pas du très gros, mais du sérieux. Les quarts ont été
reformés, les houles croisés nous ont rappelé leur dure loi, ohé matelot,
navigue et tais-toi !
Que dire d’ailleurs, le
silence s’impose, le Drake en impose !
Tandis que nous en avons
parcouru la moitié, tout à coup, entre deux dépressions, le soleil est là, on se
croirait, ne serait le froid qui nous contraint à nous emmitoufler dans des
couches épaisses, participer à une croisière d’agrément. Tout le monde à bord ne
sera peut être pas de cet avis et notre ami Ulrich notamment semblait plus à
l’aise dans sa crevasse qu’à bord… Aussi avons-nous tenté à nouveau une
transmission satellite et devant le nouvel échec, décision a été prise
d’interroger par téléphone satellite le fournisseur du modem Inmarsat. Joint
celui-ci nous indique qu’il n’y a aucun problème technique, mais simplement que
le crédit de temps de transmission étant épuisé, les données envoyées sont
refusées et restent donc dans notre PC …
Vite nous reprenons donc
celui-ci, aussi vite que possible nous vous relatons nos déconvenues avant
d’aller reprendre le quart auquel, comme chacun, nous sommes astreint, en
espérant que, très vite, cette journée-là, et celles qui l’ont précédée, vous
parviennent avant que le journal de 20 h, d’importance toute relative par
rapport aux nouvelles que nous vous transmettons, parviennent sur l’écran de
votre PC.
Dans un peu plus de 24 h
nous devrions apercevoir le gros caillou, j’ai nommé le Cap Horn, et dans 48 h,
nous devrions à nouveau pouvoir vous donner de nos nouvelles et vous
transmettre, comme promis, quelques images des protagonistes de notre périple
sur terre et sur mer.

Spirit of Sydney frôlant un colosse avant d'affronter Podorange en duel

Le colosse et ses colonnades baroques

Brice peaufinant sa stratégie : vaincre et le Drake et Spirit of Sydney

Premier quart au soleil couchant : il est 23 heures
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