A 5h30, Christian et JM descendent
avec Nathalie sur la partie la plus crevassée du parcours. Nathalie
n'est pas au mieux et quelques jours de repos au camp de base lui feront le plus grand
bien. Ils remontent ensuite au camp 1.
Au même moment la nouvelle
équipe constituée bien sûr de nos ouvreurs Ludo et Pemba, de Blabla, Marco et
Thomas partent en direction du camp 2 pour continuer la trace effectuée la
veille. Dans un premier temps, nous gravissons un premier couloir à 50 °
cheminant entre des rochers. Grâce
au tracé de la veille, la progression est rapide. La deuxième partie est
beaucoup mois raide puis à nouveau la pente se redresse, les cordes fixes
placées la veille facilitent la tâche.
Nous arrivons sur l'arête
pour tenter un nouveau tracé sur le fil. Pemba se lance sur cette
belle arête surplombant un spectaculaire couloir à 50° d'une hauteur de 400m
menant directement au camp 1. La trace est difficile à faire dans un neige
pulvérulente arrivant au genou. C'est le passage clé de notre ascension, aucun
autre itinéraire n'est possible.
Au bout de 1h30, un cri de victoire
retentit dans toute la vallée des Gasherbrum au point d'être entendu par nos
amis du camp 1. Mais ce n'est toujours pas fini, l'arête continue. C'est Ludo
cette fois-ci qui attaque comme une bête, il progresse très vite malgré
l'épaisseur de neige, les corniches sont d'une avancée spectaculaire. Nous
restons admiratifs face au travail fourni par ces deux hommes de la montagne, sans
eux, pas la peine de continuer !
Le temps depuis notre départ est
incertain. Plus nous nous approchons du but, plus il neige. Le brouillard
tombe. Nous déposons le matériel à 6400m au bout d'une arête effilée. Une
descente raide de 20m nous sépare de l'emplacement du camp.
Il nous faut vite redescendre les
350m de cordes fixes, la fatigue se fait sentir mais nous mettons seulement 1h30
pour atteindre le pieds du G2. Nous rejoignons nos compagnons au camp, le
sourire aux lèvres, heureux de cette journée extraordinaire se déroulant dans une
ambiance haute montagne dans de superbes pentes raides qu'on aimerait skier
ainsi que sur des arêtes magnifiquement dessinées. C'est un privilège immense
d'être seuls sur un sommet de 8000m.
Rapidement, nous glissons dans nos
duvets, réchauds allumés pour faire fondre quelques litres d'eau et surtout,
pour préparer notre spécialité culinaire du camp 1 : pâtes chinoises à la tome
de chèvre et au steak haché végétal. Un véritable régal !



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