Le "réveil" en altitude est un peu comme un réveil de lendemain
de cuite, l'oxygène et l'alcool en moins. Aussi c'est soulagé que je me prépare,
car vu les conditions, nous n'avons d'autres choix que de descendre. Après cette
"merveilleuse" nuit, j'aurais en effet eu du mal à prendre le chemin des
hauteurs. Mais après tout le but initial est atteint, nous voulions passer une
nuit en très haute altitude afin de nous acclimater de façon optimale pour
tenter l'ascension sans oxygène. Je commence la descente en me disant que chaque
mètre gagné, me donne de l'air en plus. Le "serre-joint" autour de la tête se
relâche progressivement au fur et à mesure de la descente. Nous arrivons au C1
où nous retrouvons le petit monde des autres expéditions, puis le camp de base
avancé où nous attend un copieux petit-déjeuner. La bonne nouvelle, c'est que
nous descendons au camp de base pour nous refaire pendant quelques jours en
attendant le créneau météo pour le sommet. La mauvaise nouvelle, c'est que nous
descendons au camp de base aujourd'hui, soit 25 à 30 kilomètres de moraines à
parcourir pour atteindre les 5200 m. du camp de base où est prévue une fondue
pour le dernier repas de Cécile parmi nous... Je dois vraiment aimé le fromage
pour consentir à cet effort que j'aurais pu entreprendre le lendemain ! Ou bien
je me dis qu'en mangeant une fondue je pourrais acquérir la force des
redoutables suisses (Loretan et Troillet) qui se gavaient de fondue avant leurs
ascensions éclairs (pour mémoire l'Everest par le couloir Hornbein en 44 h.
aller-retour).
François.
Nima vers 7600 m dans la descente sous le camp 2

Pas de répit au camp de base avancé. Quand nous arrivons, tout le
monde a fait son sac direction le camp de base. C'est donc reparti pour 25 km de
marche et 1200 mètres de descente...

Pour fêter le retour au camp de base, rien de mieux qu'une méga
fondue...
